Partager:
« Les gens font n’importe quoi », écrit Ladislav via le bouton orange Alertez-nous. L’homme a joint une photo à son message. On y voit une personne remplir des jerricans de carburant à la station-service de Barchon (Blegny). « Ce n’était clairement pas pour sa tondeuse, il faisait des réserves », souligne Ladislav. En allant faire le plein d’essence, notre interlocuteur a « halluciné » quand il a vu le monde sur place. Pour lui, pas de doute, la population cède à la panique et se rue sur le carburant craignant une envolée des prix ou une pénurie due à la situation au Moyen-Orient. « Quand je suis reparti, il y avait encore la file. »
À Barchon comme ailleurs, les pompes à essence belges sont effectivement prises d’assaut depuis l’embrasement du conflit ce samedi.
« On peut s’attendre à une augmentation jeudi »
Les Belges sont-ils trop prévoyants ? Pour le savoir, nous avons sondé Vincent Orts, chargé de communication pour BRAFCO (Fédération belge des Négociants en Combustibles et Carburants). Il explique que les fluctuations de prix sont différentes pour le mazout de chauffage et pour le carburant. « Le prix du mazout de chauffage varie tous les jours, ici, à la hausse (NDLR : il augmente de 0,12€ par litre ce mercredi) », dit-il.
« Pour l’essence et le diesel, les prix augmentent en fonction d’un franchissement de seuil. On peut s’attendre à un franchissement ce mercredi et dans ce cas, l’augmentation à la pompe aura lieu jeudi », précise encore Vincent Orts.

Difficile de faire des prévisions à long terme en revanche : « On ne sait pas dire, ça va dépendre de l’évolution du conflit et de l’évolution de la situation dans le détroit d’Ormuz. »
Un point névralgique
Le détroit d’Ormuz, situé au sud de l’Iran, est stratégique : 20 % du pétrole mondial et près d’un quart du gaz naturel liquéfié y transitent chaque jour. La fermeture de cette étroite bande maritime par l’Iran pourrait entraîner une crise économique mondiale et, entre autres, une flambée des prix à la pompe chez nous.
« Aucun risque de pénurie »
Vincent Orts tient à rassurer la population : « Il n’y a aucun risque de pénurie ». Il ne sert donc à rien de se ruer à la pompe ni de faire des stocks. Ce dernier point est même fortement déconseillé. Notez également que le transport de marchandises dangereuses (y compris le carburant) est réglementé. Les jerricans doivent être homologués et arrimés. Aussi, un particulier ne peut pas transporter plus de 240 litres par véhicule dans des récipients de maximum 60 litres.
La tendance est à la hausse, il faut être vigilant
Le chargé de communication BRAFCO explicite : « La Belgique continue d’être approvisionnée. Le transport est perturbé, pas l’approvisionnement (nous ne nous fournissons pas dans les pays du golfe). En plus, notre pays possède un stock stratégique de 90 jours en cas de crise. » Ce stock n’est donc pas activé à l’heure d’écrire ces lignes.
Il conclut : « Il y a bien un impact sur les prix, la tendance est à la hausse, il faut être vigilant. »

















