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Les canettes et les bouteilles en plastique font malheureusement parfois partie du décor dans notre environnement. On constate notamment encore trop de gestes incivils. À Enghien, dans le Hainaut, ces déchets sont considérés comme un fléau, à tel point que la commune a voté une motion en faveur de l’instauration d’une consigne sur ces emballages. Objectif : mettre la pression sur le gouvernement wallon.
« C’est vraiment désolant de voir tous ces déchets, et la charge de travail que ça amène », déplore d’abord Anne-Lise Deville (Les Engagés), échevine de l’Environnement de la commune d’Enghien. « Et puis par rapport à l’environnement aussi. Ce sont vraiment des incivilités très difficiles à contrôler, mais il faut y travailler », insiste-t-elle.
« Trouver une solution qui soit globale »
Quant au fait qu’un système de consigne n’ait toujours pas été mis en place, Anne-Lise Deville n’est pas si étonnée : « C’est difficilement compréhensible, mais c’est aussi typiquement belge. La problématique, c’est qu’il faut un accord interrégional, car ça n’a pas de sens d’avoir une caution sur les canettes uniquement en Wallonie. Et donc je pense que nos politiques peinent vraiment à trouver une solution qui soit globale pour toute la Belgique », estime-t-elle.
Une consigne pour les canettes dont on parle depuis 15 ans en Wallonie. Ce qui bloque : les trois régions doivent parvenir à un accord commun. Mais pour l’instant, la commission interrégionale des emballages n’y parvient pas. La situation est tellement sensible que cette dernière nous a d’ailleurs refusé toute interview.
Le problème est qu’il y a des intérêts économiques importants en jeu. Faudra-t-il les ramener en magasin ? Ou les scanner avant de les jeter dans le sac bleu ? Et quel prix pour une consigne ?
Actions symboliques
Des associations mènent des actions symboliques pour qu’une décision soit enfin prise. C’est notamment le cas d’Hugo Labiaux, membre de l’Alliance pour la consigne. Le jeune homme a par exemple traversé la Belgique à pied en septembre 2025, en ramassant sur son passage les déchets sauvages qu’il trouvait afin de sensibiliser sur le sujet.
« C’est toujours désolant à voir, peu importe l’endroit, que ce soit devant le Parlement wallon ou dans les petites rues », déplore-t-il, en pleine action de ramassage de déchets sur le rond-point devant le bâtiment qui abrite le Parlement wallon.
« Ce qui bloque, c’est vraiment ce côté économique. Il y a beaucoup d’argent en jeu, par exemple pour les filières de recyclage qui investissent de l’argent pour le tri », explique Hugo Labiaux.
Un coût économique important
Dès lors, si les canettes et les bouteilles venaient à sortir de ces filières de recyclage, cela aurait un coût important : « S’ils perdent cette matière, ça peut engendrer certaines pertes pour eux, en tout cas si les choses ne sont pas bien mises en place », confirme Hugo Labiaux.
En Belgique, 68 % des canettes et 83 % des bouteilles sont collectées et recyclées. L’Europe fixe l’objectif à 90 %, et impose donc une consigne pour y arriver à partir du 1er janvier 2029. Il reste donc encore trois ans pour trouver un accord politique dans les trois régions.



















