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L’Europe paie des pays pour limiter l’arrivée de migrants, mais selon MSF, « ces accords ne font que créer de nouvelles routes migratoires plus dangereuses »

par RTLinfo avec Romain Mayez et Nicolas Gustin
Médecins Sans Frontières publie un rapport au sujet de l’externalisation des frontières européennes. Des accords coûteux passés avec des pays tiers afin de limiter l’arrivée de migrants en Europe. D’après MSF, cela a rendu les routes migratoires plus longues et plus dangereuses. En 10 ans, 27.000 personnes ont perdu la vie en Méditerranée.

Les images de bateaux de fortune remplis de migrants montrent des citoyens prêts à tout pour rejoindre l’Europe. Parfois au péril de leur vie. Pour retenir ces arrivées migratoires, l’Union Européenne conclut depuis plusieurs années des accords, avec différents pays : la Turquie, l’Égypte, la Tunisie, ou encore la Libye. Tous reçoivent de l’argent de l’Europe pour renforcer les contrôles frontaliers.

Payer d’autres pays pour bloquer les routes migratoires : une impasse, selon MSF

Mais ces accords conclus avec ces pays ne feraient que créer de nouvelles routes migratoires, plus longues et plus dangereuses, selon Médecins Sans Frontières. « On a vu qu’une fois qu’une route est bloquée, une autre ouvre, explique Steve Purbick, coordinateur des activités de MSF en Libye. Ce sont des routes plus risquées, plus violentes et les gens prennent plus de risques ».

Quatre fois moins de migrants arrivent en Italie, mais d’autres routes sont créées

Avant l’accord avec l’Europe, près de 165.000 migrants prenaient la mer depuis la Libye pour rejoindre l’Italie en 2016. Mais l’année dernière, ils n’étaient plus 42.000, soit 4 fois moins.

Depuis l’externalisation des frontières, ces personnes préfèrent désormais prendre des routes plus longues et plus dangereuses, comme celle passant par la Tunisie et la Libye. « Ces pays-là ne peuvent être classés comme ‘lieux sûrs’, éclaire Julia, chargée de plaidoyer pour SOS Méditerranée. Cela veut dire que les gens qui sont interceptés et renvoyés de force en Libye ou en Tunisie, n’arrivent pas dans un lieu où leurs droits sont respectés ».

Financés par l’Europe, les garde-côtes libyens ont pourtant attaqué un bateau de SOS Méditerranée

Plusieurs ONG en Libye, font état de maltraitance, d’abus, de violences délibérées sur les migrants, dans les centres de détention. Des milices libyennes, qui exercent aussi une violence, en mer. Comme sur un bateau de SOS Méditerranée, touché par des dizaines de balles cet été alors qu’il venait de secourir 87 personnes. « Nos navires ont été menacés voire attaqués par les garde-côtes libyens, qui sont d’ailleurs financés formés et équipés par l’Union Européenne souligne Julia, chargée de plaidoyer pour SOS Méditerranée. Ils ont tiré à hauteur de la tête au niveau de la passerelle ».

Sur les 10 dernières années, 27.000 personnes au moins ont perdu la vie, noyées en Méditerranée.

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