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Une ancienne employée de la ministre-présidente de la Fédération Wallonie-Bruxelles pour des faits présumés de harcèlement contre Elisabeth Degryse et sa cheffe de cabinet.
Rencontrée par une équipe RTL info, elle a accepté de témoigner sur ce qu’elle vivait. « Quand j’arrive en septembre, je suis très enthousiaste. Très vite, je me rends compte que ce qui a été promis en effectif n’est pas rencontré. En novembre, j’alerte déjà les RH pour dire que la charge de travail est trop lourde. Même en bossant 15h par jour, on n’y arrivera pas. On ne peut pas répondre à autant de demandes avec si peu de personnes ».
Outre la charge de travail, la plaignante soulève également l’ambiance au travail. « Je n’avais jamais vu un job où en arrivant, des collègues sont en pleurs. Tous les jours, je devais calmer et distribuer des mouchoirs, en disant que ça irait. J’ai un caractère optimiste et une bonne capacité de travail, mais il y avait une frustration, le travail ne pouvait pas être bien fait. Tout ça fait qu’on voit toutes les autres personnes qui lâchent ou qui démissionnent. Ce qui m’a le plus choqué, c’est qu’en alertant, rien n’était pris au sérieux. La faute était toujours du côté des travailleurs, il n’y a eu aucune prise de conscience. J’étais en épuisement physique et mental. Je ne dormais plus, je ne mangeais plus grand-chose ».
Les relations avec la ministre-présidente Elisabeth Degryse n’était également loin d’être simples selon la plaignante. « C’est une ministre, c’est quelqu’un de très occupé, donc quand on se voyait c’était très efficace. C’était des réunions avec des dossiers, après c’est quelqu’un de très exigeant, il n’y a pas d’espace de réelle réflexion. Après un an, je ne sais toujours pas quelle est la vision de la ministre de la Culture pour la culture. Je pense qu’elle n’en a pas. Je veux juste faire la lumière, je voudrais juste que ça ne se reproduise plus, parce que malheureusement, je ne pense pas que c’est un cas exceptionnel ».
L’avocat de la plaignante prend la parole
Marc Loveniers, l’avocat de la plaignante, a rappelé également les raisons de cette plainte. « Ma cliente a en réalité dénoncé un certain nombre de problèmes en matière de bien-être au travail des collaborateurs du cabinet au sein de la cellule culture dont ma cliente en fait s’occupait », dit-il. « Un certain nombre de personnes travaillaient avec des horaires parfois étendus, avec un stress, avec une pression assez importante dans des matières culturelles et aussi avec un sous-effectif assez chronique depuis le départ. Un certain nombre de collaboratrices ont connu des burn-out, des arrêts de travail et une collaboratrice a même fait un malaise après une intervention au Parlement. »
« Injuste et choquant »
La plaignante a tout d’abord dénoncé les « problèmes » en interne avant d’être licenciée selon l’avocat. « La seule réaction qu’on a eue de ce cabinet ministériel, c’est de dégager ma cliente », indique Maitre Loveniers. « Elle a été remerciée de manière pure et simple pour rupture de confiance. C’est ce motif qui est particulièrement choquant dans cette histoire car ma cliente était professionnelle. Elle a voulu défendre son équipe et en réalité elle paye les pots cassés et elle est victime de représailles de la part du cabinet. »
L’avocat considère la situation comme « injuste » et « choquante ». « J’ai introduit une action basée sur les dispositions en matière de bien-être au travail », affirme-t-il. « J’ai saisi le tribunal du Travail pour démontrer qu’il y avait de gros problèmes en matière de bien-être au travail, en matière de stress, en matière de prévention des risques au travail et en matière de traitement des risques qui ont été dénoncés par ma cliente à différentes reprises. »
Elle était au bout du rouleau
Marc Loveniers se souvient également de la première fois où sa cliente est venue le voir. « Elle était au bout du rouleau », souffle-t-il. « La deuxième chose que j’ai décelée, c’était une personne qui était elle-même extrêmement motivée par son travail, qui voulait faire correctement les choses.
Une plaidoirie est prévue au mois d’octobre 2026. « On réclame des dommages d’intérêt vu la manière dont ma cliente a été remerciée, dont on a mis fin à sa mission », dit l’avocat. « On réclame également toute une série d’actes, notamment la modification du motif même de la fin de fonction. La ministre-présidente n’est pas elle-même visée. On vise la Fédération Wallonie-Bruxelles. »















