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« Ça va de mieux en mieux » : Simon, 12 ans, raconte comment il parvient à suivre sa scolarité malgré sa différence

par RTL info avec Sébastien Prophète et Gaëtan Delhez
Grâce à des mesures adaptées et à son propre courage, Simon, atteint de dyspraxie, surmonte ses difficultés scolaires avec brio et ambition.

Dans sa classe, le jeune Simon, les yeux rivés sur sa tablette numérique, illustre parfaitement les défis et les réussites des élèves présentant des troubles d’apprentissage. Âgé de 12 ans, Simon est atteint de dyspraxie, un trouble neurologique qui affecte la coordination et les gestes, rendant particulièrement difficile pour lui d’écrire ou d’utiliser certains outils classiques comme un stylo ou une règle.

Pourtant, grâce à un dispositif pédagogique personnalisé et des soutiens adaptés, il a réussi à décrocher son Certificat d’Études de Base (CEB) avec une moyenne de 83 %. Aujourd’hui, en première année secondaire, Simon va « de mieux en mieux ». « J’ai commencé à me stabiliser. Au niveau des résultats, pour le moment, je m’en sors bien », rapporte le jeune garçon.

J’ai commencé à me stabiliser
Simon

L’année dernière, lors de sa dernière année de primaire, Simon a pu bénéficier d’un CEB adapté à ses besoins spécifiques. Cette version numérique sur tablette, spécialement conçue pour les élèves avec des troubles d’apprentissage, s’est révélée être un pilier central de sa réussite éducative. « J’ai commencé à me stabiliser et là ça va de mieux en mieux. Au niveau des résultats, pour le moment, je m’en sors bien ».

En plus de sa dyspraxie, Simon a également été diagnostiqué avec des troubles de l’attention, ce qui ajoute à la complexité de son quotidien scolaire. Néanmoins, il garde une approche positive : « Ça va, j’arrive à me focaliser avec mon attention. Il y a plein de choses qui se passent dans ma tête en même temps. Et du coup, j’essaie aussi de me fixer des objectifs. »

La réussite de Simon souligne l’importance cruciale des aménagements raisonnables pour les élèves ayant des besoins spécifiques. Dans son école, ces adaptations sont mises en place après des évaluations logopédiques ou neuropsychologiques, comme l’explique sa professeure : « On travaille sur base d’un protocole d’aménagement raisonnable pour les élèves qui en ont le besoin, donc qui dépendent d’un bilan logopédique, une neuropsychiatre, etc. On essaye de s’y tenir ».

L’importance de la persévérance

Ces dispositifs varient selon les besoins : placement stratégique dans la classe pour minimiser les distractions, utilisation d’outils numériques pour compenser des difficultés d’écriture, ou encore d’autres ajustements visant à maximiser le potentiel de chaque élève. En pratique, cela peut aller de l’aménagement d’un espace calme à l’intégration d’applications spécifiques facilitant l’apprentissage de matières complexes.

Les experts soulignent que ces accompagnements répondent à un double enjeu : préserver l’estime de soi des enfants et leur offrir des perspectives d’avenir professionnelles. « C’est d’essayer dans la mesure du possible que l’enfant puisse avoir une cotation adaptée ou en tout cas une prise en charge adaptée », explique Mikaël Mathot, neuropédiatre spécialisé dans les troubles de l’apprentissage. « Un enfant qui a un besoin spécifique, c’est peut-être un challenge un peu plus compliqué, mais je pense que ce n’est pas pour autant qu’il faut capituler », encourage-t-il encore. Les professionnels du secteur insistent sur le fait que ces mesures doivent aussi s’étendre sur le long terme, accompagnant l’enfant bien au-delà de la sphère scolaire pour faciliter une transition vers une vie adulte autonome et réussie.

Un accompagnement sur le long terme

« S’il n’y a pas cet accompagnement, je pense que c’est surtout, d’une part, l’estime de soi et d’autre part, ce sont des conséquences sur le plan orientation professionnelle », prévient Mikaël Mathot. Il illustre son propos par l’exemple d’un élève dyslexique sévère : sans un encadrement adéquat, ce dernier pourrait se voir privé de certaines opportunités éducatives ou professionnelles, uniquement à cause de ses difficultés d’écriture. En revanche, des mesures bien pensées offrent une protection majeure contre de tels scénarios, permettant aux jeunes de s’épanouir dans leur parcours.

Pour Simon, l’environnement scolaire actuel, allié à l’engagement constant de ses parents, lui permet d’envisager l’avenir avec sérénité et optimisme. « Pour le moment, il faut que j’essaie un peu de comprendre comment je fonctionne pour pouvoir m’en servir plus tard intelligemment », dit-il. L’encouragement et le soutien de ses parents à ses côtés joue également un rôle clé. « Les professionnels nous ont toujours dit qu’on devait croire en l’avenir, qu’on devait croire en ses possibilités. Moi, j’ai envie de dire que je n’ai vraiment pas d’inquiétudes », confie sa mère.

Le cas de Simon met aussi en lumière l’importance des collaborations entre écoles, familles et professionnels pour maximiser le potentiel d’un élève avec des troubles spécifiques d’apprentissage. Que ce soit via des formations dédiées pour les enseignants, l’introduction de technologies éducatives, ou encore le travail en réseau avec des spécialistes externes, chaque acteur contribue à la réussite de ces élèves. « C’est un enfant qui va faire son chemin, qui va s’épanouir sans problème », conclut un enseignant de Simon, ému par ses progrès constants.

Bien que les troubles comme la dyspraxie ou les déficits attentionnels accompagnent souvent les individus jusqu’à l’âge adulte, les efforts déployés pendant l’enfance produisent des effets durables. Simon, comme tant d’autres élèves confrontés à des défis similaires, illustre ainsi à quel point un suivi de qualité transforme des difficultés en opportunités. Avec des ressources adaptées et une volonté à toute épreuve, ces élèves montrent que les barrières peuvent être franchies, obligeant parfois même à redéfinir le concept traditionnel de réussite. Une leçon essentielle, non seulement pour l’éducation, mais pour l’ensemble de la société.

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