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L'exécutif de Hong Kong a indiqué mardi avoir demandé à un tribunal d'interdire le chant pro-démocratie qui a vu le jour lors des immenses manifestations de 2019 dans la ville-territoire. Si la justice donne raison aux autorités hongkongaises, "Glory to Hong Kong" deviendrait la première chanson à être légalement interdite depuis la rétrocession de cette ex-colonie britannique à la Chine en 1997.
Ce chant, écrit par un auteur anonyme, avait retenti pour la première fois dans la ville en août 2019, et était devenu l'hymne des immenses manifestations parfois violentes, en faveur de la démocratie.
L'exécutif hongkongais a précisé mardi avoir décidé de recourir à la justice après que ce chant a été diffusé à plusieurs reprises à la place de l'hymne national chinois lors d'événements sportifs à l'étranger. Depuis novembre dernier, "Glory to Hong Kong" a retenti à plusieurs reprises lors d'événements sportifs internationaux, suscitant l'exaspération des autorités. Officiellement, Hong Kong n'a pas d'hymne national mais celui de la Chine, la "Marche des volontaires", est traditionnellement joué.
Tout outrage à l'hymne national est passible de peines allant de trois à deux ans de détention.
L'injonction que les autorités hongkongaises demandent à la justice d'adopter "vise à empêcher quiconque de diffuser ou d'interpréter, etc., la chanson avec l'intention d'inciter d'autres personnes à faire sécession, ou avec une intention séditieuse, ou... avec l'intention d'offenser l'hymne national".
L'exécutif a aussi demandé au moteur de recherche Google de retirer la chanson de protestation de ses résultats de recherche, mais le géant américain a refusé d'obtempérer.
Il est déjà illégal de chanter cette chanson ou d'en jouer la mélodie à Hong Kong, en vertu d'une loi drastique sur la sécurité nationale imposée en 2020 par Pékin pour museler toute dissidence politique. Les musiciens qui l'ont interprétée en public ont été poursuivis par les autorités.