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« J’ai vu Riverdance à la télé et j’ai voulu faire ça » : quatre fois championne du monde, Christel fait vibrer la danse irlandaise à Bruxelles

par RTL info avec Emmanuel Dupond et Regjep Ahmetaj
En Irlande, plus que du folklore, c’est un sport national. La danse celtique fait des émules en Europe, et donc en Belgique. Mais d’où vient cet engouement pour cette discipline très codifiée ? Et qu’est-ce qui la différencie des claquettes traditionnelles ?

Les élèves pratiquant la danse irlandaise au Celtic Clover à Bruxelles sont soumises à un échauffement militaire. Il faut dire que leur activité nécessite une forme olympique. Christelle Janssen a créé ce cours de danse celtique il y a déjà plus de 15 ans. « À la base, j’étais danseuse classique, mais j’ai vu River Dance à la télé, raconte-t-elle. Depuis, j’ai voulu faire ça ».

River Riverdance, un spectacle monté il y a 30 ans mais dont la popularité devient mondiale, après un passage à l’Eurovision à Dublin. La chorégraphie s’inspire des danses anciennes, la posture se caractérise par un buste droit, les bras le long du corps.

« La danse irlandaise a été créée en secret »

La légende raconte que cette rigidité est liée à l’occupation anglaise de l’Irlande et au puritanisme de l’Église. « Quand ils sont arrivés, ils ont voulu supprimer notre culture, donc la langue et la danse, explique Tricia McGree, belgo-irlandaise. Et donc la danse a été créée en secret. Ça se faisait dans de petits espaces et donc il fallait se tenir droit et rendre cela le plus invisible possible ».

« Aux alentours du 18ème - 19ème siècles, l’Église et la couronne britannique ont mis beaucoup de pression en Irlande et ont interdit la musique et les rassemblements », poursuit Caroline Desmaret, professeure de danse « Move and Tap ». « Le fait de rester rigide permettait de garder la danse plus propre », ajoute Tricia McGree, belgo-irlandaise et membre de l’académie de danse Celtic Clover.

Qu’est-ce qui différencie la danse irlandaise des claquettes américaines ?

La chaussure fait partie de cet héritage culturel, elle peut être souple ou dure avec des semelles en fibre de verre. A priori, rien à voir avec les plaques métalliques vissées sur les claquettes américaines. « Les claquettes américaines sont ce qu’on appelle la tap dance, et en Irlande, il s’agit du step dance », éclaire encore la professeure de danse Caroline Desmaret.

Aux États-Unis, celui qui, entre autres, a rendu célèbre le tap dance, c’est Fred Astaire. Caroline Desmarets a dansé à New York, désormais elle transmet sa passion à Bruxelles. « Elle est très exigeante sur le rythme, déclare l’une de ses élèves, qui n’avait jamais fait de danse auparavant. On suit le tempo sans quoi on perd toute la philosophie des claquettes ». « On a encore l’image ici en Europe des claquettes comme ce que l’on voit dans les comédies musicales, mais les claquettes viennent d’un style afro-américain », éclaire Caroline Desmaret, professeure de danse « Move and Tap ».

L’origine des claquettes est afro-américaine

Pour en connaître l’origine, il faut remonter au 18ème siècle. Les esclaves afro américains étaient privés de leurs instruments comme le tambour. « On les leur a interdits, alors ils ont utilisé leurs mains, puis leurs pieds avec des sabots et c’est comme ça qu’ils ont développé les claquettes », poursuit Caroline Desmaret, professeure de danse « Move and Tap ».

Plus tard, les immigrés irlandais s’installent dans les bidonvilles de New York. La cohabitation va donner naissance à une danse syncopée, qui inspirera un certain Michael Jackson. « Il a commencé les claquettes très tôt, dit Caroline Desmaret. Beaucoup de pas qu’on retrouve dans ses chorégraphies sont directement inspirés des claquettes ».

Quatre fois championne du monde

La danse irlandaise obtient ses lettres de noblesse grâce aux spectacles, aux films et concours internationaux. Christel Janssen participe d’ailleurs régulièrement à des championnats. « C’est normal, on fait de la danse irlandaise, alors on fait des concours ». Des concours qu’elle remporte à plusieurs reprises. « Oui, je suis championne du monde, j’ai gagné 4 ans de suite, je pense », dit-elle. Avec ses élèves elle espère gagner la prochaine compétition qui se déroulera à Liège en avril prochain.

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