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L’un des marchés technologiques les plus innovants actuellement, c’est celui des « lunettes augmentées » (avec des capteurs, des caméras, des capacités d’affichage). Meta domine avec ses Ray-Ban Meta, en partenariat avec EssilorLuxottica, tandis que des acteurs comme Xreal, TCL-RayNeo, Xiaomi et Lenovo se disputent un terrain en pleine effervescence, avec Google et potentiellement Apple prêts à lancer leurs modèles IA cette année !
Donc même si ça vous parait « niche » ou inutile pour le moment (c’est un peu le cas, soyons clairs), les améliorations attendues dans les prochains mois ou années pourraient booster l’intérêt d’un tel dispositif. Et c’est assez rare, donc il faut en parler : une entreprise belge a peut-être un rôle important à jouer. J’ai rencontré Théodore Marescaux à Las Vegas, où l’entreprise Swave Photonics a multiplié les démos durant le CES, le plus grand salon technologique au monde : quelle est donc cette puce qu’ils sont sur le point de commercialiser ?

12 ans de recherche, 37 millions d’euros de levée de fonds
Tout a commencé à l’IMEC, la seule entreprise belge (Leuven) qui conçoit des puces électroniques et fait de la recherche en laboratoire dans ce domaine en évolution constante. 12 ans de recherche et développement, et récemment des avancées importantes qui ont transformé l’idée en entreprise. Swave Photonics a levé 37 millions d’euros en 2025, pour soutenir le développement de sa puce. Théodore, ingénieur de formation, est l’un fondateur et responsable produit. Actuellement, une quarantaine d’ingénieurs travaillent, à Leuven mais aussi dans d’autres endroits du monde.
Selon lui, les lunettes de réalité augmentée actuelles sont confrontées à des limites physiques : l’impossibilité de gérer la distance d’affichage des éléments « projetés » sur l’écran. Par exemple, si une paire de lunettes veut vous indiquer le chemin à prendre, la flèche sera toujours au même « endroit », à la même « profondeur de champs ». De plus, le dispositif de projection nécessaire (un projecteur et des lentilles, pour faire simple) est encombrant et lourd, ce qui n’est pas idéal pour une paire de lunettes.

Une puce belge révolutionnaire
« En remplaçant l’optique par le calcul, grâce à notre puce, on contourne ce problème ». On parle d’holographie et plus de projection. C’est très technique, vous l’imaginez, mais retenez ceci : la puce (bientôt de 5 x 5 mm) contient 250 millions de pixels, et permet d’afficher des éléments de manière holographique sur le verre de la lunette. Ils peuvent dès lors suivre le regard et la profondeur de champs. Des éléments seront flous, ou nets, selon l’endroit où vous regardez.
Quel but ?
J’ai eu droit à une démo (sur un dispositif spécifique, pas encore sur des lunettes), et on peut comprendre la révolution que pourrait représenter un tel dispositif, bien intégré et bien utilisé dans une paire de lunettes. On pourrait avoir plusieurs informations/icônes/images projetées sur le verre de la lunette, à des « distances » différentes (pour l’œil et le cerveau). Selon la profondeur de champs que votre œil regardera, vous verrez des éléments devenir nets ou flous. Ce qui est techniquement impossible actuellement sur les lunettes « smart » du marché.

Une nouvelle dimension s’ouvrira alors pour la réalité augmentée, c’est-à-dire la superposition d’information virtuelle sur le monde réel, sur les verres de la lunette. Navigation, points d’intérêts, explication sur ce que vous observez : le potentiel est énorme. Mais il n’en est qu’à ses débuts… « On finalise la puce actuellement, pour avoir un modèle prêt à être industrialisé et vendu » à des partenaires qui seraient nombreux à se manifester pour le moment. « On voit beaucoup de monde, c’est clair ». Vous ne verrez cependant pas de smart glasses équipées de technologie belge « avant début 2027, rendez-vous au prochain CES ! »

















