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Le moustique tigre, déjà bien installé dans plusieurs régions d’Europe, pourrait transmettre le chikungunya en Belgique, selon une nouvelle étude scientifique. Jusqu’ici, les chercheurs estimaient que cet insecte avait besoin d’au moins 16 à 18°C pour transmettre le virus. En dessous de ce seuil, le chikungunya – dont la durée de vie moyenne dans le moustique est de 8,7 jours – ne se développait pas suffisamment.
Mais cette limite était trop élevée. D’après une étude publiée le 18 février 2026 dans le Journal of the Royal Society Interface et relayée par nos confrères de Standaard et de la VRT, la température minimale nécessaire serait en réalité de 13,8°C. Le niveau optimal de transmission se situe autour de 25,6°C. Résultat: durant l’été, certaines régions belges pourraient bel et bien réunir les conditions favorables à une transmission locale.
Une maladie qui progresse en Europe
Longtemps absente d’Europe, la maladie gagne du terrain avec l’expansion du moustique tigre, favorisée par le réchauffement climatique. Des épidémies sont déjà signalées en Italie et dans le sud de la France. Plus récemment, des cas ont été détectés à Paris et dans les Vosges. En Belgique, aucun cas transmis localement n’a encore été confirmé. Seuls des cas dits «importés» – contractés lors d’un voyage à l’étranger – ont été recensés. Toutefois, la présence croissante du moustique tigre dans notre pays inquiète les spécialistes.
Le chikungunya est rarement mortel, mais il peut être très invalidant. Steven Van Den Broucke, spécialiste des maladies infectieuses à l’Institut de médecine tropicale, explique que la maladie évolue en deux phases.
« La première se caractérise par des symptômes grippaux et une forte fièvre, pouvant atteindre 40,5 degrés Celsius», détaille Steven Van Den Broucke. « Des douleurs musculaires et articulaires, des maux de tête et parfois une éruption cutanée peuvent s’y ajouter. Cette phase aiguë dure généralement une semaine»
Une deuxième phase peut ensuite apparaître. «Souvent, une seconde phase survient, caractérisée par de fortes douleurs articulaires, voire une inflammation. Les patients se plaignent de raideurs matinales, généralement aux chevilles, aux genoux, aux mains ou aux poignets», précise Steven Van Den Broucke.
Pour anticiper une éventuelle apparition du virus, Sciensano surveille activement la présence du moustique tigre sur le territoire belge.


















