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Mort de Quentin en France : la violence s’invite de plus en plus dans le débat politique, la faute à qui ?

par Christophe Giltay
En France la crise provoquée par l’agression mortelle de Quentin Deranque, est loin de retomber. Hier le siège de LFI, le parti des Insoumis, a dû être évacué à la suite d’une alerte à la bombe. Le Rassemblement National a appelé à la création d’un front républicain contre LFI. Mais le parti d’extrême gauche continue à nier, avec véhémence, toute responsabilité dans la mort du jeune homme. Alors, est-on en train d’assister à une « brutalisation » de la vie politique ?

Radicalisation, c’est sûr ; brutalisation, c’est probable. Et pas seulement en France. Les récentes manifestations antifas contre le MR, à Liège et à Saint-Gilles, en sont peut-être les prémices belges.

Après la Seconde Guerre mondiale, on a vécu en Europe une longue période de pacification démocratique, avec ses crises évidemment, comme la question royale en Belgique, la guerre d’Algérie en France, Mai 68, le terrorisme des années septante, Action directe, CCC, bande à Baader, brigades rouges, mais rien de comparable à la dérive qui vient d’apparaître au grand jour.

La violence n’est plus cantonnée à des groupuscules radicaux, peu représentatifs au niveau électoral. Elle est désormais au cœur du système.

En 1974, Jean-Marie Le Pen ne récoltait que 0,75 % des voix à la présidentielle. Un bravache avec son bandeau de pirate. Mais en 2002, il se qualifiait à la surprise générale pour le second tour, et sa fille Marine renouvelait l’exploit en 2017 et 2022. Le seul à avoir fait reculer le parti des Le Pen fut Nicolas Sarkozy en 2007, mais en reprenant une partie de son vocabulaire. Souvenez-vous : des « racailles qu’il fallait nettoyer au Karcher ».

En corollaire, plus le Front National, devenu Rassemblement national, se rapprochait du pouvoir, plus la gauche se radicalisait. Le PS, phagocyté par le macronisme, a quasiment disparu des radars : 1,75 % pour Anne Hidalgo à la présidentielle de 2022. C’est la France insoumise qui a pris le relais. Le parti de Jean-Luc Mélenchon a fédéré la gauche dans un nouveau front populaire, qui revendique le fait d’avoir, jusqu’à présent, empêché le RN d’accéder au pouvoir.

Désormais, deux camps extrêmes se font face. Au parlement, dans les médias et dans la rue.

La mort de Quentin Deranque représente une opportunité pour le Rassemblement national, qui cherche à inverser la charge. Désormais, ce n’est plus lui qui menace la République, mais l’extrême gauche. Jean-Luc Mélenchon se défend par la surenchère, refuse toute responsabilité dans les rixes, évoque la lutte antifasciste et continue à soutenir la Jeune Garde, dont trois militants font partie des 11 interpellés de Lyon.

Certes, il condamne les violences mortelles, mais pas la violence tout court. Devant les saccages de ses permanences et les menaces de mort contre ses députés depuis samedi, il invoque la légitime défense. « C’est nous les victimes », a-t-il lancé.

En fait, la brutalisation de la vie politique tient en une formule : En face, ce ne sont plus des adversaires mais des ennemis.

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