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Comme un pasteur évangélique devant ses fidèles, Trump prêche sa bonne parole : ne l’écoutez pas, croyez-le seulement

par RTL info avec Christophe Giltay
Donald Trump a prononcé cette nuit, devant le congrès américain, son discours de l’État de l’Union. Il a duré 1h47, ce qui en fait le plus long de l’histoire. « Notre nation est de retour », a lancé le président américain qui a évoqué un « redressement historique » des États-Unis, mais a passé sous silence les morts de Minneapolis et l’affaire Epstein. Cette auto satisfaction affichée se heurte aux sondages de plus en plus mauvais, notamment sur sa politique économique.

Sous les ovations des élus républicains, Donald Trump s’est adressé aux congrès, comme un pasteur évangélique à ses fidèles. Il ne faut pas l’écouter, il faut le croire ! D’où ces mantras : « Notre nation est de retour », « L’inflation chute, les revenus augmentent vite, l’économie est florissante comme elle ne l’a jamais été ». Nous assistons à « l’âge d’or des États-Unis ».

Ce discours était baptisé « L’Amérique a 250 ans : forte, prospère et respectée ». On célébrera en effet cette année les 250 ans de l’indépendance et, à cette occasion, Donald Trump veut apparaître comme le plus grand président depuis George Washington. Mais ce n’est pas gagné…

Selon une moyenne des dernières enquêtes d’opinion, seuls 41,5 % de ses concitoyens approuvent son action et plus de 55 % la désapprouvent. Or, le sujet principal pour la population c’est l’économie et surtout le pouvoir d’achat : 47 % des Américains estiment qu’il s’est dégradé. En effet, malgré une baisse, l’inflation s’établi toujours à 2,6 %. Dans ce domaine, Donald Trump recueille à peine 34 % d’opinion favorable.

Sa spectaculaire action sur les droits de douane, récemment retoquée par la cour suprême, ne suscite pas l’enthousiasme : à peine 38 % de ses concitoyens s’y disent favorables. Quant à sa politique d’immigration son approbation est en chute libre, moins 12,4 % en un an.

À noter que 65 % des Américains estiment que la police des frontières et l’I.C.E ont été trop loin à Minnéapolis. Or, Trump n’a pas évoqué les événements tragiques qu’a connus la ville, et quand il a parlé du Minnesota, l’État dont Minneapolis est la capitale, c’était pour dire que les membres de la communauté somalienne y avaient pillé 19 milliards de dollars aux contribuables américains.

Autre sujet absent : l’affaire Epstein. Or, il y avait dans la tribune du public face à lui, une survivante, et des familles de victimes du milliardaire et il n’a pas eu un seul regard dans leur direction. Sur plan international, même auto satisfaction : le Venezuela est devenu un ami qui a fourni aux États-Unis 80 millions de barils de pétrole. Quant aux Iraniens, « ils travaillent à bâtir des missiles qui pourront atteindre bientôt les États-Unis »… mais il a répété sa « préférence » pour une résolution diplomatique.

On notera enfin son insistance à faire adopter une loi électorale plus restrictive. L’idée est d’influencer les élections de mi-mandat en novembre prochain qui renouvelleront une partie du congrès. Seulement, sur les 14 élections de ce type qui se sont tenues depuis 1945, le parti présidentiel en a perdu 12.

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