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Groenland : « On frôle le point de rupture », Bart De Wever estime que l’Union européenne doit brandir la menace d’une guerre commerciale

Par RTL Info avec Belga
Le Premier ministre estime que les menaces des États-Unis contre des partenaires de l’OTAN franchissent une ligne rouge et l’Europe doit réagir fermement.

Bart De Wever adopte un ton ferme à l’égard de Donald Trump. Selon lui, ses menaces contre des partenaires de l’OTAN franchissent une ligne rouge et l’Europe doit se préparer à une guerre commerciale avec les États-Unis. Le Premier ministre belge doit normalement rencontrer le président américain à Davos mercredi. Cette rencontre intervient dans un contexte tendu. Donald Trump convoite le Groenland depuis un certain temps et a menacé ce week-end d’imposer des droits de douane supplémentaires aux pays européens qui ont déployé des troupes sur l’île.

Jeudi, l’Union européenne examinera des contre-mesures. Une possibilité est de sortir le « bazooka commercial ». « Il me semble évident que cette arme doit être mise sur la table dès maintenant », a déclaré M. De Wever à la VRT mardi depuis le Forum économique mondial. D’après lui, les menaces proférées par le passé contre les partenaires de l’OTAN étaient justifiées par leurs dépenses de défense insuffisantes. « Mais menacer un allié de l’OTAN d’une intervention militaire sur son propre territoire est totalement inédit. On frôle le point de rupture. »

Une seule voix

Pour le Premier ministre, il est clair que l’Europe doit répondre d’une seule voix. « Ce sera un contre tous, mais aussi tous contre un », a-t-il déclaré. « Finies les belles paroles. Si quelqu’un dit : ’Je veux vous prendre du territoire de l’OTAN, sinon je déclenche une guerre commerciale’, alors nous déclencherons une guerre commerciale. »

Un tel conflit serait « catastrophique » aussi pour les États-Unis. Le Premier ministre a rappelé que les élections de mi-mandat approchent. « Je pense qu’il faut dire à Trump : ça suffit. Reculez, ou nous irons jusqu’au bout », a lancé M. De Wever, qui s’est également exprimé de la même manière sur VTM.

De son côté, le pésident du CD&V Sammy Mahdi a lui aussi été dans le sens du Premier ministre, en disant qu’«il est temps de cesser de tergiverser face à Trump et d’affirmer une position européenne ferme». Il appelle le gouvernement fédéral à soutenir l’approche du président français Emmanuel Macron : déployer le «bazooka commercial» européen.

Emmanuel Macron : « Le respect plutôt que les brutes »

Le président français a dit mardi préférer « le respect plutôt que les brutes », et « l’état de droit plutôt que la brutalité », lors de son discours au Forum économique mondial de Davos qui sonnait comme une réponse à la diplomatie de Donald Trump. « La France et l’Europe sont attachées à la souveraineté nationale et à l’indépendance, et aux Nations unies et à leur charte », a aussi souligné le président français alors que son homologue américain veut créer un nouveau « Conseil de paix » mondial totalement à sa main. Il a dit vouloir refaire du G7, que la France préside cette année, un « forum pour un dialogue franc » et pour des « solutions collectives et coopératives ».

L’Europe dispose d’outils « très puissants » en matière commerciale, et doit les « utiliser » quand elle « n’est pas respectée », a ajouté le président français, qui a dénoncé une « concurrence des Etats-Unis d’Amérique » à travers une politique commerciale qui « exige des concessions maximales et vise ouvertement à affaiblir et subordonner l’Europe ». Il a de nouveau invoqué le recours à l’instrument « anti coercition » de l’Union européenne, considéré comme un « bazooka » en cas de guerre commerciale.

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