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Israël en conflit depuis 50 ans avec l’Iran… et son projet d’arme nucléaire : « Les opérations retardent l’objectif… mais n’y mettent pas fin »

par RTL info avec Sébastien Rosenfeld et Xavier Gérard
L’Iran et Israël sont les pires ennemis depuis l’instauration de la république islamique en 1979. Depuis 47 ans, les deux puissances s’affrontent, avec un objectif pour l’État hébreu : retarder l’accès de Téhéran à l’arme nucléaire. Retour sur près de cinquante ans de conflit, entre opérations militaires et assassinats ciblés.

L’instauration de la République islamique en 1979 met fin à 30 ans d’amitié entre Israël et l’Iran. Pour l’Ayatollah Khomeini, désormais au pouvoir, Israël est un ennemi de l’islam qu’il faut abattre. Année après année, ses successeurs ne modifient pas ce principe fondateur : « Je vous informe, et Dieu m’est témoin, qu’une tempête dévastatrice va déraciner la base du sionisme », disait Mahmoud Ahmadinejad, président de l’Iran entre 2005 et 2013.

Pour Israël, l’Iran est une menace permanente depuis 47 ans. Ses dirigeants considèrent que chaque opération militaire est une action préventive, comme lors des bombardements de juin dernier. « Il y a quelques instants, Israël a lancé l’opération ‘Lion dressé’, une opération militaire ciblée visant à repousser la menace iranienne pesant sur la survie même d’Israël », rappelait Benjamin Netanyahu.

Tout commence au début des années 80 au Liban, une guerre par procuration : des combattants iraniens affrontent l’armée israélienne. Ce conflit conduit à la création du Hezbollah, groupe paramilitaire financé par l’Iran. Son but : la destruction d’Israël. « Khomeini a, notamment, comme pilier de sa politique étrangère, cette volonté d’exporter les thèses révolutionnaires aux quatre coins du monde musulman, sauf qu’il est limité par son caractère chiite et donc ça ne va prendre que là où il y a des communautés chiites, comme au Liban, en Irak, etc », précise Didier Leroy, chercheur à l’Institut royal supérieur de Défense. « Cette stratégie de guerre par procuration a clairement eu son âge d’or pendant les années 2000-2010, mais à l’instant où on se passe dans le contexte post-7 octobre 2023, force est de constater que ça n’aura pas fonctionné ».

La mort du chef du Hezbollah Hassan Nasrallah en 2024, touché par un missile, marque la fin d’une époque. Elle illustre l’autre dimension de l’affrontement entre les deux puissances régionales, une guerre de l’ombre, qui se traduit depuis des années par des assassinats ciblés des services secrets israéliens.

L’objectif est d’empêcher l’Iran d’accéder à la fabrication d’une bombe nucléaire. En 2018, le premier ministre israélien dévoile des documents prouvant l’avancée du programme iranien et en 2020, son plus haut responsable est tué dans un attentat sophistiqué attribué au Mossad.

« Dans le cadre de cette guerre de l’ombre, il y a toute une série d’opérations extrêmement discrètes qui cherchent à neutraliser des éléments clés, comme des scientifiques, de ce programme nucléaire au fil des années. Cette campagne d’assassinats ciblés, même si elle est espacée dans le temps, permet à l’état hébreu à chaque fois de gagner du temps, mais ne fait que ralentir forcément les ambitions nucléaires, mais n’y mettent aucunement un terme ».

Israël pousse aujourd’hui son avantage avec cette deuxième opération militaire contre l’Iran, une campagne d’une ampleur sans précédent depuis des décennies.

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