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Nous vous parlions il y a un mois d’un refuge de Pont-à-Celles visé par une saisie. Sur décision du bourgmestre, des chevaux en mauvais état doivent à nouveau être pris en charge au même endroit. Les services du bien-être animal et la police sont donc intervenus ce mardi matin. Et tout ne s’est pas bien passé.
Alors que les bénévoles procèdent au chargement des animaux, une voiture arrive à pleine vitesse. À son bord, la propriétaire de l’établissement. Elle est rapidement arrêtée par les forces de l’ordre. Alyssa Minez, bénévole du refuge « Animaux en péril », se trouvait à proximité immédiate. « J’étais en train de charger un étalon et une voiture a déboulé de la rue. À un mètre près, elle nous percutait, moi et le cheval… c’est une catastrophe vraiment. »
Certains agents présents sur place évoquent une possible tentative d’assassinat. Les circonstances exactes devront être établies par l’enquête.
Le parquet confirme en tout cas que la propriétaire a été privée de liberté. Des auditions sont toujours en cours.
Des associations choquées par la situation
Samedi, une jument de cinq ans avait déjà été saisie dans un état qualifié de catastrophique, déclenchant une nouvelle vague d’indignation. « On revient enfin pour en sortir d’autres qui sont très mal en point. J’ai pu aller les voir. Il était grand temps qu’on bouge », explique Sophie Locatello, présidente du refuge « Le Rêve d’Aby ».
Dolorès Gomez, vice-présidente de l’ASBL « Save Animals », dénonce des délais trop longs : « Nous sommes scandalisés parce que ça fait plus ou moins trois semaines qu’on est au courant que la situation ne change pas, qu’il y a des chevaux vraiment en détresse. On attend que le cheval ne sache plus se lever pour qu’il soit saisi… »
Les associations s’interrogent également sur la longueur des procédures et sur le fait que l’écurie n’a pas été fermée par les autorités.
L’avocat de l’ASBL « Save Animals », Etienne Gras, rappelle la complexité des compétences en matière de bien-être animal : « On a d’un côté tout ce qui est bien-être animal maltraitance, c’est le Code wallon et c’est donc le bourgmestre et la Région wallonne. On a de l’autre côté le fait de faire respecter des législations, c’est le procureur du roi, ce sont des magistrats instructeurs. Ce sont des intervenants qui sont différents et donc il faut vraiment avoir une coordination entre tout le monde. »
Une réunion est en cours entre les autorités wallonnes et communales afin de décider du sort des animaux toujours présents sur le site.
Mara, cinq ans, dans un état critique
Saisie en urgence ce week-end dans le même refuge, une jument de trait de cinq ans, prénommée Mara, se trouve aujourd’hui entre la vie et la mort.
Sur place, les équipes découvrent l’animal « dans un état extrêmement préoccupant, sévèrement amaigri ». Très affaiblie et particulièrement stressée, la jument nécessite une prise en charge prudente avant d’être transférée en clinique équine spécialisée.
Un pronostic vital très sombre
Les premiers examens révèlent « une arythmie cardiaque marquée ainsi qu’une anémie profonde », signes d’un épuisement physiologique avancé. Elle souffre également d’« une pneumonie sévère avec atteinte caractérisée des bronches ».
Les vétérinaires évoquent l’hypothèse d’« une infestation parasitaire massive et prolongée » à l’origine de carences importantes, d’un amaigrissement sévère et d’un affaiblissement progressif de ses fonctions vitales.
Depuis ce mardi matin, son état s’est encore détérioré. « Mara, totalement épuisée, s’est couchée et ne parvient plus à se relever », précise l’association. Cette immobilité prolongée l’expose notamment à un risque de myopathie de décubitus, une complication musculaire grave.
















