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« J’ai découvert la démocratie et la liberté d’expression en Belgique » : un opposant iranien très ému au micro de Martin Buxant

Par RTL info avec Martin Buxant
Ali Bagheri, opposant iranien arrivé en Belgique en 2015 pour ses études, a abordé avec Martin Buxant les manifestations contre le régime des Mollahs, en Iran.

Membre de l’opposition iranienne et installé en Belgique depuis 10 ans, Ali Bagheri était invité par Martin Buxant sur bel RTL ce mardi matin pour parler de la situation dans son pays d’origine.

Arrivé dans notre pays « en 2015 pour faire un doctorat à l’Université de Mons », l’Iranien raconte avoir « découvert la démocratie et la liberté d’expression. Quand j’ai pu dire ce que je voulais et penser ce que je voulais, je me suis dit que je devais regarder comment ça se passe dans mon pays ». À force de recherches sur l’histoire de l’Iran, il a pris la décision de rentrer dans l’opposition au régime des Mollahs.

Une répression sanglante

Si l’Iran est au cœur des débats, c’est pour la révolte populaire qui s’y passe. Depuis plusieurs années, les mouvements de contestations à l’encontre du régime islamiste sont de plus en plus importants. Ces dernières semaines, de nouvelles grosses manifestations ont lieu dans tous le pays.

L’origine de cette nouvelle contestation part de la crise économique profonde que traverse le pays. De fil en aiguille, les revendications se sont étendues pour réclamer un régime démocratique.

Pour garder le contrôle, le régime en place a fait couper internet dans tout le pays. La répression des manifestations se fait dans le sang. Selon des ONG, 650 personnes auraient perdu la vie. Pour Ali Bagheri, il s’agirait plutôt de 3.000 victimes. « Ce sont les chiffres de l’opposition iranienne publiés hier. »

Malgré le danger, malgré les morts, la contestation se poursuit. Comment expliquer cette ténacité du peuple iranien ? « Il y a toujours eu cette volonté en Iran. Ça fait plus de 100 ans que le peuple iranien se bat pour la démocratie. Déjà à l’époque du Shah et maintenant avec l’ayatollah. »

À propos du Shah, décédé depuis, son fils soutient largement les manifestants, espérant que si la rue renverse le pouvoir des Mollah, il pourra retrouver son trône. Néanmoins, Ali Bagheri assure que le peuple ne veut pas d’un tel retour. « On ne veut pas retourner à une autre dictature. Nous travaillons pour établir une république démocratique. »

Installé depuis 10 ans chez nous, Ali Bagheri n’hésitera pas à retourner dans son pays d’origine si le régime actuel tombe. Loin des manifestations, il tente de peser à sa manière, notamment en relayant la parole de ceux qui luttent. Avec la gorge nouée par l’émotion, il déclare : « Le plus important, ce sont les gens. Ceux qui sont dans les manifestations sont courageux. Je suis désolé de ne pas être avec eux. Nous sommes ici pour parler en leurs noms et porter leurs voix. »

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