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Un an après la seconde investiture de Donald Trump à la tête des États-Unis, l’organisation de défense des droits humains Amnesty International sonne l’alarme à douze reprises dans un rapport énumérant les nombreuses pratiques autoritaires menées sous l’administration Trump. Ces attaques répétées contre la justice, la presse, l’opposition ou les universités « reflètent des schémas observés et dénoncés ailleurs dans le monde depuis des décennies par Amnesty International », a dénoncé mardi Paul O’Brien, directeur exécutif de la branche américaine de l’ONG.
Le rapport publié mardi rassemble douze thèmes dans lesquels l’administration américaine « fissure les piliers d’une société libre » : attaques contre la liberté de la presse et l’accès à l’information, contre la liberté d’expression et de réunion pacifique, contre les organisations civiques et les universités, contre l’opposition politique et les voix critiques, contre les juges et le système judiciaire, ou contre le droit à une procédure régulière. « En détruisant les normes et en concentrant les pouvoirs, l’administration essaie d’empêcher qui que ce soit de lui demander des comptes », dénonce le responsable américain d’Amnesty International.
L’organisme déplore également les droits bafoués des personnes réfugiées, des discriminations et une surveillance de la population en hausse, des manquements dans la lutte contre la corruption, des tentatives d’affaiblissement des systèmes conçus pour protéger les droits humains, ainsi que le recours à l’armée sur le territoire national.
La liste est longue
Les exemples de ces divers risques pour les droits humains ne manquent pas, selon Amnesty International. De l’accès refusé à certains médias à la Maison-Blanche à un journaliste originaire du Salvador expulsé après avoir couvert une manifestation contre Trump, des visas révoqués par milliers aux suppressions de subsides à destination de certaines universités, des grâces accordées aux émeutiers du 6 janvier 2021 aux attaques contre des juges qui ont osé s’opposer à des décisions du président des États-Unis… La liste est longue et ne se limite pas à ces cas emblématiques, rappelle le rapport.
Lorsqu’il devient manifeste que les pratiques autoritaires sont pleinement établies, les institutions censées limiter les abus de pouvoir ont déjà été fortement compromises
L’ONG estime que cette érosion des droits humains aux États-Unis a déjà été constatée depuis plusieurs décennies dans d’autres pays. « Notre expérience montre que lorsqu’il devient manifeste que les pratiques autoritaires sont pleinement établies, les institutions censées limiter les abus de pouvoir ont déjà été fortement compromises », analyse Paul O’Brien, qui appelle à un sursaut collectif. « Les pratiques autoritaires ne peuvent prendre racine que si on les laisse se banaliser. (…) Nous avons toutes et tous la possibilité et le devoir de nous montrer à la hauteur de ce moment difficile de notre histoire et de protéger les droits humains ».
Amnesty International propose ainsi, en fin de rapport, une série de recommandations à destination de l’administration Trump, du Congrès américain, des acteurs locaux et internationaux, des entreprises et du public dans l’objectif de « prévenir la normalisation de la répression et des violations des droits humains ». Cela passe par de nouvelles lois, des appels à destination du président américain, des soutiens réaffirmés aux organisations protégeant ces droits et, pour le public, à des soutiens aux minorités et des partages de ressources et d’informations sur le sujet.














