Accueil Actu Monde International

« Trump II » : un an après son retour à la Maison-Blanche, le président américain est plus radical que jamais

Par RTL info avec Sébastien Rosenfeld et Gaëtan Lillon
Après une année de plus au pouvoir, l’heure est au bilan. Trump II, une présidence plus radicale, sans limite. Un président américain qui signe des dizaines de décrets. Droits de douane, immigration, politique étrangère. L’homme n’a qu’un objectif : changer le monde au profit des États-Unis.

« Je le jure solennellement… », a proclamé Trump il y a un an. C’était le 20 janvier 2025 à Washington aux États-Unis. « Au cours de chaque journée de l’administration Trump, je mettrai très simplement l’Amérique au premier plan », a-t-il aussi affirmé à l’occasion de son discours d’investiture.

Un premier basculement s’opère en avril 2025, lorsque Donald Trump se présente arborant un panneau avec une liste de pourcentages concernant de nouveaux droits de douane. « Si vous regardez la Suisse, 61 % contre 31 %. L’Indonésie, la Malaisie, Cambodge. Oh, regardez le Cambodge, 97 % », peut-on l’entendre dire.

« Un schéma qui se répète »

Aucun pays ne lui échappe et les hausses sont spectaculaires. Pour Michel Liégeois, professeur de relations internationales de l’UCLouvain, « On voit quand même un schéma qui se répète, c’est-à-dire des mesures assez maximalistes, pour ne pas dire choquantes ou disruptives – on est parfois en manque de qualificatifs. Et puis généralement, une phase de marche arrière qui suit. »

Donald Trump relance la guerre commerciale. L’Europe négocie, la Chine réplique. Et ce n’est pas sans conséquence comme l’explique Tanguy Struye, professeur de relations internationales à l’UCLouvain : « Le résultat n’est pas bon. ici ils sont obligés d’aider le secteur agricole pour plus de 12 milliards d’euros. Parce que la Chine n’achète plus de produits agricoles aux fermiers américains. Et ça, ce n’est qu’un petit exemple pour montrer les dégâts de cette politique tarifaire. »

Expulsions massives, emprisonnements arbitraires. Donald Trump et sa politique en matière d’immigration constituent un deuxième basculement. Les agents gouvernementaux multiplient les arrestations, et la garde nationale impose sa loi comme à Los Angeles au mois de juin.

« Elle perd une certaine crédibilité »

« L’envoi de la garde nationale a été complètement politisé par cette administration. Et donc c’est là aussi qu’elle perd une certaine crédibilité, parce que si la logique de la Maison Blanche était de s’attaquer aux questions de sécurité, aux mafias et narcotrafiquants, alors on envoie la garde nationale aussi bien dans des villes républicaines que dans des villes démocrates. Mais ça n’a pas été le cas », souligne Michel Liégeois.

Charlie Kirk, influenceur et militant d’extrême droite est ensuite assassiné lors d’un rassemblement en plein air, le 10 septembre 2025 dans l’Utah. Donald Trump et les idées d’extrême droite, un troisième basculement, assumé par le président. Il a notamment déclaré dans un discours : « Charlie était un patriote. Il est un martyr de la vérité et de la liberté, et il n’y a jamais eu personne d’aussi respecté par la jeunesse. »

Une altercation avec le président ukrainien

Et puis, il y a aussi eu cette altercation historique et inédite entre deux présidents dans le bureau ovale. Le président américain avait lancé un « Vous n’avez pas les cartes en main » virulent à l’encontre du président ukrainien, Volodymyr Zelensky alors que le ton montait. C’est l’un des autres tournants de l’année : Donald Trump et la politique étrangère.

Imposer sa propre paix

Le locataire de la Maison Blanche veut imposer sa paix coûte que coûte même au bénéfice des Russes. L’Europe est mise sur la touche. La guerre ukrainienne n’est qu’un exemple d’une remise en cause plus générale du lien avec l’Union européenne. Une rupture assumée par le « Document de Stratégie Nationale ».

« Le document en question appelle à un effacement civilisationnel, une sorte d’effondrement ou de déclin inéluctable faute d’avoir compris les vraies valeurs à conserver. Donc ça, c’est quand même un basculement géopolitique qui est quand même assez inattendu par sa rapidité et son ampleur », constate Tanguy Struye.

La capture de Nicolas Maduro

L’opération américaine au Venezuela confirme définitivement, un interventionnisme décomplexé. L’arrestation de Nicolas Maduro, sans mandat de l’ONU, signe une rupture avec le droit international.

Sebastian Santander, professeur de relations internationales à l’ULiège, s’exprime sur ce sujet. « Cela ouvre la porte à des actions unilatérales, arbitraires, en totale violation avec le droit international. Cela pousse le monde dans une situation chaotique.

Donald Trump ne fait pas de la politique, mais des affaires. Le Groenland est désormais dans sa ligne de mire. Sa présidence ouvre une nouvelle ère, celle des prédateurs.

Contenus sponsorisés

À la une

Les plus lus