Accueil Près de chez vous

Maxime exerce un métier insolite : sans lui, le Carnaval de Binche n’aurait pas la même saveur

par RTL info avec Marc Demoustiez
Le Carnaval de Binche va débuter dans moins d’une semaine. Les Gilles vont battre le pavé avec leurs sabots faits sur mesure dans une entreprise de la ville. Comment sont-ils créés ? Voici les secrets de leur fabrication.

À 24 ans, Maxime a décidé de reprendre l’activité familiale, lancée en 2007 par son père. Dans cet atelier, il fabrique le sabot de Gille de A à Z. Tout commence par un bloc de bois, du peuplier, que l’on place dans une première machine. « On a un modèle pour chaque pointure, du plus petit au plus grand, et à chaque fois on vient copier notre moule, notre modèle », explique le sabotier.

Après quelques minutes, le sabot commence déjà à prendre forme. Une machine dotée de ciseaux à bois permet de creuser l’intérieur. Il est ensuite prêt à être séché pendant trois mois dans un abri aéré. Une étape nécessaire pour pouvoir retravailler le bois à la main. « On va les récupérer pour venir poncer l’intérieur, les rendre bien lisses, pour que ce soit confortable pour le pied. Les poncer à l’extérieur pour l’esthétique, et faire la pointe, la fameuse caractéristique du sabot de Gille », précise le jeune homme.

Ce qui rend chaque sabot unique, c’est le fumage, qui lui donne aussi une odeur particulière. « Le bois, c’est comme une peau. Il y a plein de pores. Le fumer permet de refermer ces pores du bois et de rendre le sabot imperméable. Nous, on adore fumer nos sabots parce que ça permet d’avoir plusieurs teintes, ça permet de répondre à plusieurs demandes, parce qu’il y a des gens qui préfèrent des plus foncés, des plus clairs », explique Maxime.

Plus de 2.000 paires de sabots

Pour le solidifier et le maintenir au pied, le sabot est habillé de lanières de cuir et d’une bride, qui est la véritable signature de cet artisan. Il doit tenir parfaitement au pied du Gille durant toute la journée du mardi gras. « Le pied va gonfler toute la journée, et donc, au fur et à mesure de cette journée, il faut qu’il y ait un maximum de place dans le sabot pour ne pas que le pied frotte », indique le sabotier.

Chaque année, de nouveaux sabots sont nécessaires, et dans certains carnavals, il est parfois indispensable d’avoir plusieurs paires. « À Binche, on a de la chance, on a beaucoup de pavés. Mais, par exemple, à la Louvière, ils font des ramassages XXL. Leurs sabots sont complètement poncés, donc on a des clients qui prennent trois paires pour un carnaval. »

Plus de 2.000 paires de sabots sont fabriquées dans cet atelier. Un artisanat et une tradition familiale que Maxime perpétue par passion pour le bois, et surtout pour le folklore.

Contenus sponsorisés

À la une

Les plus lus

« Cela aurait été la faillite à court terme » : le patron de l’aéroport de Charleroi revient sur la taxe qui aurait pu coûter la peau du site

Le gouvernement wallon a annoncé revenir sur ses pas concernant la taxe de 3€ par passager pour l’aéroport de Charleroi que la ville carolo voulait imposer. Une décision qui réjouit le directeur du site. Christophe Segaert, le CEO et Administrateur délégué de l’aéroport de Charleroi était l’invité de notre RTL info Signatures.