Partager:
La semaine dernière, à la Chambre des Représentants, le politicien flamand et membre de la NV-A Björn Anseeuw prônait la séparation de notre pays. A l’heure où les régions flamande et wallonne ne semblent plus la même longueur d’onde, le Ministre-Président flamand Jam Jambon parle aussi d’indépendance. "Nous allons pousser l’accélérateur sur le communautaire", a-t-il d’ailleurs déclaré. La question de cette scission fait donc une fois encore débat. Elle était en effet au centre des discussions sur le plateau de C’est pas tous les jours dimanche.
Dans neuf ans, en 2030 exactement, la Belgique devrait normalement fêter son 200e anniversaire… si tout va bien. Mais notre pays tiendra-t-il jusque là quand on connait notamment les difficultés concernant l’apprentissage des deux langues ? Aujourd’hui, seuls 34% des élèves wallons font le choix du néerlandais comme deuxième langue lorsqu’ils rentrent en première secondaire, contre 64% pour l’anglais. Est-ce un manque de motivation ou d’intérêt pour la deuxième langue nationale belge ? Il semblerait que oui. Beaucoup déclarent en effet que faire le choix de l’anglais est plus judicieux, surtout pour assurer son avenir professionnel. Notons qu’en Flandre, dès l’âge de 8 ans, chaque enfant doit apprendre le français. Et quelques années plus tard, l’anglais est inséré dans son apprentissage. Faut-il dès lors obliger le néerlandais dès la première secondaire en Wallonie ? La question se pose au parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles. "Un rapport fera bientôt l’objet de discussions au sein du gouvernement. Ce dossier est extrêmement difficile et chargé symboliquement", avait indiqué Caroline Désir.
Un Wallon qui connaît le néerlandais, c’est la perle rare
A l’heure actuelle, "un Wallon qui connaît le néerlandais, c’est la perle rare", affirme Paul Willocx, administrateur délégué chez Deltenre & Co à Charleroi qui estime que c’est un problème de qualité dans l’enseignement. Il devient en effet de plus en plus difficile de trouver des travailleurs bilingues pourtant, c’est un atout non-négligeable dans la recherche d’un emploi. "L’apprentissage du néerlandais va faciliter l’insertion du demandeur d’emploi dans le cadre de ses recherches, soutient le porte-parole de Randstad, Sébastien Consentino. Randstad est de plus en plus sollicité sur toute une série de métiers avec cette connaissance du néerlandais, qui fait jusqu’à aujourd’hui défaut pour une série de candidat."
Le problème, c’est que le marché de l’emploi est actuellement en pénurie, "90% des employeurs ne trouvent plus d’employés", souligne Eric Laureys, porte-parole du VOKA, la Fédération flamande des entreprises. Si la connaissance du néerlandais était, à l’époque, une condition stricte, aujourd’hui, les employeurs ne peuvent plus faire la fine bouche. Mais l’argument avancé par le ministre wallon du budget et des finances, Jean-Luc Crucke, plaide cependant pour l’apprentissage du néerlandais qui, selon lui, constitue une plus-value sur le plan professionnel. Le libéral n’est pas favorable à l’obligation mais ne comprend pas ce manque de motivation. "Parler une autre langue, c’est un enrichissement", dit-il.
Un manque de moyens dans l'enseignement
Le problème de la qualité de l’enseignement est, une fois encore, mis en avant. David Pestieau, Vice-président du PTB et auteur d’un manifeste pour l’unité de la Belgique, pointe du doigt les moyens mis dans l’enseignement. "Les moyens donnés sont beaucoup trop faibles. On enseigne à 25 personnes comment apprendre le néerlandais oralement. Mais avec 25 personnes dans une classe, ce n’est pas possible", note-t-il. De même, aujourd’hui, un enseignant dont la langue maternelle est le néerlandais perd 10% de son salaire s’il vient enseigner du côté francophone. "Il faudrait des normes communes du côté francophone et néerlandophone pour permettre à des gens qui ont le néerlandais comme langue maternelle de pouvoir enseigner en Wallonie", insiste David Pestieau, qui plaide pour l’unification de la Belgique.
Aujourd’hui, même si certains Belges souhaitent une indépendance de la Flandre, cela ne constitue pas une majorité (environ 15%). Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Selon un récent sondage de la VRT, informe David Pestieau, 2 Flamands sur 3 pensent que la régionalisation a été trop loin et qu’il faudrait refédéraliser un certain nombre de compétences, comme les soins de santé. En Wallonie, plus de 4 Wallons sur 10 veulent un retour à une Belgique unifiée. "Je ne crois pas à la sortie de la Belgique en 2030, indique Jean-Luc Crucke. Mais entre partis démocratiques, on doit donner de la lisibilité et de l’efficacité aux institutions. On ne peut pas continuer avec des provinces, une fédération, des régions… Il faut simplifier." Selon le ministre wallon du Budget et des Finances, il faut améliorer l’état en prenant chaque compétence et en évaluant qui est le plus apte à la gérer.



















