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Le mouvement de colère du monde agricole paralyse une grande partie des axes structurants du pays. Selon les dernières informations de la police fédérale, la situation est particulièrement critique dans plusieurs provinces, avec des échangeurs complets mis à l’arrêt.

Toutefois, sur les routes, notre équipe a plutôt rencontré des automobilistes compréhensifs, voire solidaires de l’action des agriculteurs : « Je viens de Liège depuis 7h30 du matin, mais ils n’ont pas tort », lance l’un d’entre eux. « Nous venons de la région de Mons, on ne savait pas qu’on allait se retrouver dans une situation pareille. Enfin, c’est normal, il faut qu’ils se battent pour leur travail », estime un autre automobiliste.
Même son de cloche chez une dame : « Ils ont tout à fait raison, donc 100 % avec eux. On attend, on ne sait rien faire d’autre ». Un autre navetteur tempère : « On est solidaires bien sûr mais en même temps il y a les gens qui ont des impératifs », déplore-t-il.
Ursula von der Leyen « a hâte »
C’est une déclaration qui ne fera pas plaisir aux agriculteurs en plein blocage. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a salué vendredi l’accord commercial « historique » conclu par l’Union européenne avec des pays du Mercosur, qu’elle a « hâte » de signer au Paraguay le 17 janvier.
Distribution de patates
À Courrière, les agriculteurs ont déversé des patates sur le sol avant d’en faire des sacs et de les distribuer aux automobilistes. Par solidarité, certains d’entre eux ont tenu à les payer.



Le point sur les différents blocages
Les frontières sont les premières zones ciblées par les manifestants. Dans le Hainaut, l’autoroute A7 (E19) est bloquée au poste frontière de Hensies dans les deux sens. Une trentaine de tracteurs et d’agriculteurs sont sur place, d’après la FAJ.
Plus à l’ouest, le nœud de Marquain est un point noir majeur : l’échangeur de l’A8 (E429) et l’A17 y sont totalement bloqués dans les deux directions.
À Froyennes, un blocage est également installé sur l’échangeur. « Les agriculteurs ont passé la nuit sur place dans des containeurs ou dans leurs tracteurs », constate notre journaliste. Une quinzaine de tracteurs sont sur place.


Dans le Brabant wallon, les blocages se rapprochent de la capitale. L’A7 (E19) est entravée à hauteur de la sortie Nivelles-Nord vers Bruxelles. Plus problématique encore, le Ring de Bruxelles (R0) subit un blocage complet de l’échangeur de Haut-Ittre, paralysant tous les sens de circulation.
Liège et Namur : des nœuds stratégiques coupés
La province de Liège connaît probablement les perturbations les plus lourdes. L’échangeur de Loncin, point de jonction entre l’A3, l’A15 et l’A602, est fermé vers Aix-la-Chapelle. L’A3 (E40) est également bloquée ou fermée à plusieurs endroits stratégiques :
- À hauteur de Battice et Thimister vers Bruxelles.
- À hauteur d’Alleur dans les deux sens de circulation.
- La jonction entre l’A27 (Chaineux) et Battice est également inaccessible.
- De Loncin vers Aix, tout est bloqué sur tous les axes.
Les blocages d’agriculteurs sont progressivement levés vendredi soir en province de Liège, indique la police fédérale vers 20h00 dans sa dernière mise à jour des conditions de circulation.





À Namur, l’E411 est coupée au niveau de Wierde, tant vers Bruxelles que vers le Luxembourg.
À proximité, la N4 est également fermée à hauteur de Courrière dans les deux sens. Notre journaliste sur place et dénombrait une soixantaine d’agriculteurs présents. « Ils ont établi un campement sous le pont de la N4 dans le but de rester le plus longtemps possible. » Dans ce but, des relais pourraient être organisés. « Évitez le secteur, il n’y a pas moyen de monter sur l’autoroute ici. »

Luxembourg
En province de Luxembourg, plusieurs dizaines de tracteurs se sont donné rendez-vous sur le rond-point du WEX, à Marche-en-Famenne, avant de prendre la direction de la N4 pour bloquer la circulation dans les deux sens. « Actuellement, une quarantaine de tracteurs et une septantaine de personnes sont présentes sur place. Nous bloquons la N4 à hauteur du magasin Decorama, ainsi que les bretelles d’entrée et de sortie », a fait savoir Antoine Billa, président de la Fédération des jeunes agriculteurs (FJA) pour la province de Luxembourg, aux alentours de 17h00.
Une mobilisation intense
Ces mobilisations s’inscrivent dans un malaise profond au sein du monde agricole, confronté à de nombreuses difficultés économiques, administratives et réglementaires, indiquent les agriculteurs dans un communiqué. La FJA estime que, sans conditions économiques viables et sans perspectives à long terme, l’avenir même de l’agriculture est menacé.
« Sans revenus, sans règles justes et sans vision d’avenir, il n’y aura tout simplement plus d’agriculteurs demain. Et une agriculture affaiblie aujourd’hui, c’est une sécurité alimentaire menacée demain », souligne Florian Poncelet, président de la Fédération des Jeunes Agriculteurs.














