Mais pourquoi l'accord du participe passé est si compliqué? Ce prof explique l'origine des difficultés

Le conseil de la langue française et de la politique linguistique de la Fédération Wallonie-Bruxelles voudrait que l'accord avec l'auxiliaire avoir ne se fasse plus, dans aucun cas. Le but est donc d'instaurer l'invariabilité.

Deux professeurs ont créé un spectacle autour de la question du participe passé, et ils soutiennent donc son invariabilité. Au micro de notre reporter Thomas Kinet, Jérôme Piron, l'un de ces enseignants, explique d'où vient la complexité qui règne actuellement autour de l'accord du participe passé. "Ça vient principalement d'erreurs de recopiage des moines. C'est-à-dire que dans beaucoup de manuscrits, le moine écrivait au fil de la plume, parfois sur dictée, et quand il écrivait par exemple 'les pieds que Jésus a lavés', il lui suffisait de remonter un peu dans la phrase pour savoir 'ce que Jésus a lavé', et il pouvait faire son accord, ce n'était pas compliqué. Par contre, quand il écrivait 'Jésus a lavé', au moment d'écrire 'lavé' il ne sait pas encore avec quoi il doit l'accorder, et puis il continue à écrire avant que le complément arrive, et en général il oublie d'accorder son participe passé. Donc c'est une erreur", indique Jérôme Piron.

Le professeur évoque deux autres explications admises: "C'est que quand il (le moine) doit revenir à l'accord, il n'y a plus la place. Parce qu'au Moyen-Âge, on colle les lettres les unes aux autres très souvent. Donc on ne sait tout simplement plus mettre l'accord. Et aussi, à l'époque on observe cet usage dans les textes, et on l'établit en règle aussi pour donner un certain prestige à la langue française, parce que l'italien à l'époque le faisait aussi, et on était en compétition, quelque part, avec l'italien. C'était une manière de donner un peu de prestige à la langue".

Conclusion de l'enseignant: "Ce n'est pas pour des raisons grammaticales que cette règle existe, puisqu'elle provient d'une erreur".

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