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Ne vous étonnez pas si vous êtes contrôlé par la police aujourd'hui: les syndicats appellent à une grève du zèle

  • Grève du zèle de la police ce vendredi matin

  • Rassemblement des policiers liégeois sur la Place St-Lambert

 

Les policiers du pays mènent ce vendredi, théoriquement depuis 6h30, des actions de "contrôles pointilleux", selon les mots de Vincent Gilles, président du SLFP.

"Si encore ils nous contrôlaient... non non juste stopper chaque voiture 30 sec. Les deux grandes rues arrivant sur la montée de l'A12 bloquées par ce genre de contrôle", témoigne Jonathan à 8h ce vendredi matin via notre bouton orange Alertez-nous. 


"Des contrôles d'opportunité toute la journée"

Cette "grève du zèle" à l'appel du front commun SLFP-SNPS, ensuite rejoint par le syndicat chrétien, visait d'abord la période 06h30-08h30 mais en réalité c'est toute la journée que les policiers, de tous les services et à diverses occasions, pourraient se montrer particulièrement zélés dans leur travail, selon le président du SLFP.

"Nous avons invité les policiers à mener des contrôles d'opportunité toute la journée", insiste-t-il. Cela concerne "toutes les équipes d'intervention", et le but est de "marquer le coup en faisant le travail correctement, en prenant le temps", explique-t-il. Vu qu'il s'agit d'"actions à géométrie variable", il est difficile de prédire quelles seront les conséquences concrètes pour les citoyens.

Mais l'action devrait être "conséquente", selon Vincent Gilles, et devrait entre autres se traduire par des contrôles renforcés sur la route, notamment sur les axes entrants dans Bruxelles.


La raison de l'action ? 

La raison de l'action: un malaise général au sein de la police, un ras-le-bol, une "fatigue" de la part d'agents qui font l'objet de violences régulières et qui ont l'impression de ne pas être entendus par la justice et par les autorités.

Les violences envers les policiers sont citées en premier comme cause de désarroi, mais rapidement Vincent Gilles évoque aussi "le sentiment qu'on détricote leur statut", qu'il s'agisse de l'incertitude sur les pensions ou du récent projet de revoir le système des sanctions disciplinaires.


"On ne sait toujours pas à quel âge on partira à la pension" 

Une trentaine de policiers de la zone Arches, selon les syndicats, ont répondu vendredi matin à l'appel lancé à l'échelle nationale par le SLFP Police, le SNPS et la CSC. Des contrôles zélés ont été organisés aux quatre principaux rond-points d'Andenne de 06h30 à 08h30. 

"Stop, on n'en pleut plus. On veut plus de respect", a affirmé Fabrice Discry, porte-parole du SNPS pour les provinces de Namur et Liège. "On ne sait toujours pas à quel âge on partira à la pension et nous sommes les fonctionnaires les moins bien payés. Il manque par ailleurs 10% d'effectifs et on nous propose une nouvelle loi disciplinaire beaucoup trop sévère, tout en bafouant nos droits sociaux."

"Les violences envers les policiers et la clémence qu'a pu avoir la justice à leur égard ne peuvent plus continuer", a-t-il ajouté. "On nous oblige aussi à gérer la problématique des migrants dans des conditions qui ne respectent pas la législation, comme au centre 127Bis, qui ne répond pas aux normes."

L'action de vendredi se veut un message fort. "Il faut que les citoyens sachent qu'une police malade, c'est une population en danger et ils sont très réceptifs lors des contrôles", a précisé M. Discry. "En même temps, nous voulons montrer au gouvernement que nous n'hésiterons pas à bloquer tout le pays si rien ne change."

Selon le SNPS Namur-Liège, des contrôles zélés étaient également prévus vendredi à Philippeville, Esneux, Ans, Saint-Nicolas, Welkenraedt ou Waismes.

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