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Bientôt des "salles de shoot" à Bruxelles et Liège? Samanta, ex-toxicomane, explique pourquoi ça l’aurait aidée à arrêter plus vite

Liège et Bruxelles ont le projet d’installer, dans les prochains jours, des salles de consommation de drogue. Ces “salles de shoot” seront des endroits fermés où les toxicomanes pourront s’injecter leur substance illicite en toute sécurité. Le gouvernement fédéral estime que ces salles sont illégales. L’idée qui fait polémique était débattue ce midi dans l’émission "C’est pas tous les jours dimanche".

Sur le plateau de l’émission, Samanta Borzi, ex-consommatrice devenue aujourd’hui travailleuse sociale, a apporté son témoignage. La maman explique qu’à la base, elle n’était pas pour ce genre de salle de consommation car dans un monde idéal, cela ne devrait pas exister. Mais forte de son expérience sur le terrain, son point de vue sur la question a évolué. "Il faut pouvoir accompagner les personnes car même si elles veulent à un moment arrêter, il n’y a pas qu’à non plus. On se retrouve dans certains quartiers avec des scènes de consommation. Je suis maman donc je ne veux pas que les enfants soient confrontés à ça".


"Cela m'aurait aidé à arrêter plus vite"

Pour Samanta Borzi, la répression n’est pas très efficace : "Si la répression fonctionnait, ça se saurait. Moi, je suis passée par la case prison, ce n’est pas ce qui m’a fait arrêter".

Elle estime qu’une salle de consommation aurait pu l’aider au niveau sanitaire, à avoir accès à des soins ou tout simplement à avoir des liens avec les travailleurs sociaux : "Oui, bien sûr cela m’aurait aidée à arrêter plus vite", a-t-elle confié. Il lui a fallu 22 ans pour décrocher.


La drogue, trop accessible en Belgique

Christophe Deborsu a également pointé un autre problème le prix très, trop, abordable des substances illicites en Belgique. La Haute école de Gand a mené une enquête : la drogue arrive directement par le port d’Anvers, il y a donc très peu d’intermédiaires ce qui explique les prix dérisoires. 1 g de cocaïne coûterait 50 euros en Belgique, contre 200 euros au Canada. "On peut même trouver un demi g à 20 euros sur le marché", a indiqué Samanta Borzi.

La travailleuse sociale a conclu en mettant l’accent sur les résultats obtenus dans certains pays suite à l’installation de salles d’injection : "30 % des personnes qui fréquentent ces salles changent leur comportement au niveau de la consommation". Ces salles existent dans huit pays, notamment en Suisse et au Canada.

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