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À l’occasion de sa tournée de vœux lancée ce dimanche à La Louvière, le MR a remis sur la table une mesure déjà débattue : la taxation des mutualités. Pour Georges-Louis Bouchez, leur patrimoine – évalué à plus de 6 milliards d’euros – justifie qu’elles soient soumises aux mêmes règles fiscales que les entreprises classiques. Le président des libéraux estime que cette réforme pourrait rapporter 165 millions d’euros par an à l’État.
« Une mutualité, ce n’est pas une entreprise »
Face à cette proposition, les mutualités montent au créneau. Xavier Brenez, directeur général des Mutualités Libres, rejette fermement cette logique fiscale. Pour lui, assimiler les mutualités à des sociétés commerciales est une erreur de fond : « Une mutualité, ce n’est pas une entreprise. Les mutualités n’ont pas pour but de faire du profit. Tous les bénéfices sont mis en réserve et appartiennent aux membres. Il n’y a pas d’actionnaires à rémunérer. »
Il alerte sur l’impact concret qu’aurait une telle taxation : « Si on taxe les mutualités, on taxe les affiliés, donc la population. Ce sera répercuté sur le prix des cotisations pour les produits d’assurance. Cela va toucher les gens qui comptent sur ces services pour bénéficier d’une couverture accessible, contrairement à ce que propose le secteur privé. »
Le patrimoine des membres
Selon notre interlocuteur, cette mesure risquerait de fragiliser la capacité des mutuelles à proposer des services abordables et universels. « C’est le patrimoine des membres qu’on taxerait », insiste Xavier Brenez. Il y voit une mesure injuste qui pèserait en définitive sur la population : « Il faut aller chercher l’argent de manière intelligente et pas de manière déguisée. Ce sera effectivement l’impact si jamais les mutualités sont taxées. C’est un impôt déguisé. »















