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Qu’est-ce que « le deuil blanc » ? La psychiatre Caroline Depuydt explique comment le traverser au mieux

Par RTL info
Le deuil blanc, une forme méconnue de deuil, concerne les pertes émotionnelles et relationnelles face à des maladies comme Alzheimer.

Le concept du deuil blanc a été abordé dans le RTL info 13h avec la psychiatre Caroline Depuydt. Cette forme de deuil méconnue est propre à des situations spécifiques, notamment lorsque des proches sont gravement touchés par des maladies dégénératives comme Alzheimer. Contrairement au deuil traditionnel lié à la perte par décès, le deuil blanc désigne une perte relationnelle ou émotionnelle alors que la personne est encore en vie.

« L’idée, c’est quand on vit une perte réelle mais où il n’y a pas de décès », précise la psychiatre. Les proches doivent alors gérer des changements profonds, tout en naviguant dans une confusion d’émotions, entre tristesse, colère, culpabilité et sentiment d’injustice.

Un des aspects les plus difficiles de ce type de deuil réside dans son invisibilité. « On dit ‘profite de ta maman tant qu’elle est là’. Mais en fait, quand elle est complètement partie dans un autre monde qu’elle ne vous reconnaît plus, c’est difficile aussi d’en profiter », a-t-elle ajouté. Ces remarques bien intentionnées peuvent aggraver le sentiment de solitude ou raviver un sentiment de culpabilité chez les proches.

Ne pas oublier de prendre soin de soi

Les signes avant-coureurs du deuil blanc, selon la psychiatre, incluent l’épuisement physique et l’irritabilité constante. L’épuisement découle du soin apporté à une personne malade, souvent au détriment de soi-même, ce qui génère un cercle vicieux, car la fatigue augmente la sensibilité et le stress. Cette situation peut s’étendre sur des années, rendant cruciale la mise en place de stratégies pour y faire face.

Caroline Depuydt a souligné l’importance de libérer la parole sur ce sujet tabou afin que les aidants proches puissent demander du soutien. « Ce que je voudrais, c’est qu’on puisse libérer la parole autour de ça, et que quand on vit une situation comme ça, on puisse se sentir la liberté de s’en ouvrir à son entourage proche » afin de recevoir du soutien et de la bienveillance, a-t-elle affirmé.

La psychiatre conseille aussi de trouver des activités parallèles pour ne pas s’épuiser complètement. Des associations comme la Ligue pour la Maladie d’Alzheimer offrent également un accompagnement pour les aidants. Enfin, l’appui d’un professionnel de santé peut aider à mieux traverser cette épreuve.

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