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Delphine de Saxe-Cobourg, qui accorde rarement des interviews, a accepté d’ouvrir les portes de son atelier à Alix Battard pour l’émission Place Royale. Un lieu intime, dans lequel elle se sent pleinement elle-même, et où chaque œuvre raconte un morceau de son histoire.
« Je viens ici tous les jours, même le week-end. Je suis très disciplinée. Dès que mon fils part à l’école, j’éteins mon téléphone et je travaille jusqu’à 18h, presque sans m’arrêter », confie-t-elle. Car pour elle, l’art n’est pas un passe-temps, mais un besoin vital. « Je suis une artiste très autobiographique, très émotionnelle. Ce sont surtout les conversations, ma vie, qui m’inspirent. »
Un trône en guise de révélation
Derrière ses œuvres colorées, il y a des douleurs, des révélations, et surtout un besoin d’exprimer ce qui ne pouvait l’être autrement. L’artiste revient notamment sur un moment fondateur de son parcours : un exercice imposé lors de ses études à l’école d’art. « On devait faire une chaise qui était notre portrait. J’avais 18 ans, je venais de découvrir qui était mon père biologique. J’ai fait un énorme trône, très drôle, plein de couleurs. Eux ne savaient pas pourquoi. Moi, si. Et c’était très bien comme ça. »

À travers cet autoportrait détourné, la princesse mêlait déjà humour et création pour alléger une situation personnelle difficile. « J’ai mis de l’humour dans une situation que je trouvais lourde », confie-t-elle. Une manière pour elle d’exprimer, avec ses œuvres, ce qu’elle ne pouvait pas encore dire avec des mots.
Je voulais dire des choses
Pour Delphine, l’art a toujours été un refuge, une manière de transformer ses émotions en matière, en formes, en couleurs. « Au début de ma carrière, je voulais dire des choses que je ne pouvais pas dire. Et ça, c’était vraiment ma signature. » Une forme d’exutoire artistique, mais aussi de reconstruction personnelle.
Ce rapport viscéral à la création remonte à l’enfance. « Ma mère détestait l’idée que je sois pourrie gâtée. Chaque fois qu’on me donnait un cadeau, elle le donnait à quelqu’un d’autre. Mais elle me donnait des crayons, du papier. J’étais très seule enfant. Le monde extérieur me faisait peur. Je trouvais les adultes tristes. Alors je me suis dit : si je crée des choses colorées et que je m’entoure de couleurs, ma vie sera plus agréable. »
Aujourd’hui encore, cette démarche habite chacune de ses œuvres. « Même si la vie n’est pas toujours évidente, on peut quand même devenir une rose, qu’elle soit belle ou drôle. » Cette rose, elle la peint, elle la porte aussi. À travers des créations textiles comme des foulards imprimés de poèmes et de messages positifs, elle cherche à « donner du sens », à offrir à d’autres ce que l’art lui a offert : un soutien silencieux mais puissant.
« Je trouve qu’on a besoin de l’art. Si on croit qu’on peut vivre sans, c’est une vie extrêmement triste », confie-t-elle. Pour elle, le bonheur se résume simplement à « être en paix ».
Loin de l’image parfois perçue comme « excentrique », Delphine se dévoile comme une femme posée, lucide et profondément fidèle à ce qu’elle est. Une artiste entière, dont chaque création porte une part de son intimité, comme une confession en couleurs.
Dans cet entretien exclusif, elle évoque aussi ses enfants, Joséphine et Oscar, leur sensibilité artistique, ainsi que sa manière bien à elle d’aborder la mode. Un échange à retrouver en streaming sur RTL play.


















