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En Wallonie et à Bruxelles, les bâtiments ont en moyenne 90 ans. C’est 15 ans de plus que la moyenne nationale. « La plupart de nos logements ont été construits avant 1981 et ne répondent plus aux exigences climatiques d’aujourd’hui et sûrement pas aux exigences de demain. On souffre d’un parc de logement très vétuste, plus ou moins le plus vétuste de l’Europe. Donc, il faut s’y mettre énormément pour le moderniser », explique Niko Demeester, CEO de la Fédération de la construction Embuild.
Pour cela, des constructions et des rénovations massives sont nécessaires. En 2050, le parc immobilier doit posséder la label A. Normes européennes obligent. Aujourd’hui, nous sommes à 112 rénovations par jour. Pour respecter la date butoir, il faudrait réaliser 574 rénovations par jour. Le rythme doit donc être quintuplé. Et pour y arriver, le budget est colossal.

« On parle, pour rénover le parc de logement en Belgique, de 400 milliards d’euros. On va devoir trouver des solutions pour les trouver. Ce ne sera pas uniquement les pouvoirs publics qui pourront répondre à ce besoin d’investissement. Ce serait un mix des deux. Pour nous, le pouvoir public doit jouer un effet levier. Chaque euro investi, que ce soit des primes, des prêts ou la fiscalité immobilière, doit pouvoir jouer l’effet levier maximal », développe Salim Chamcham, économiste pour la Fédération de la construction Embuild.
Des procédures extrêmement longues, coûteuses, et qui se répercutent dans le prix du logement
Pour cela, une politique stable en termes d’immobilier et de primes à la rénovation est nécessaire. Car pour les entreprises, l’un des obstacles récurrents demeure la délivrance du permis de construire.
« C’est une sinécure, où qu’on soit dans n’importe quelle région de la Belgique. On a des procédures qui sont extrêmement longues, donc coûteuses, et qui se répercutent dans le prix du logement, qui devient moins abordable. Mais là, il y a vraiment quelque chose à faire », affirme Aubry Lefebvre, CEO de Thomas et Piron bâtiment.
Une croissance démographique
Autre défi : la croissance démographique. D’ici 2050, 900.000 logements supplémentaires seront nécessaires. Il faut donc construire, tout en intégrant une nouvelle variable devenue essentielle : la communication avec les voisins. « L’important, c’est d’anticiper et de bien discuter avec les riverains, d’aller voir les riverains, de répondre aux questions que les riverains puissent poser. On a du personnel en permanence sur le chantier, donc on dialogue », insiste Denis Van Laecke, directeur des travaux chez Lixon.
Entre la construction et la rénovation de logements, d’écoles, d’hôpitaux, de prisons ou encore de voiries, le secteur de la construction fait face à son plus grand défi depuis la Seconde Guerre mondiale.
















