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Face au Sénégal ce samedi, le Soudan endossera l’étiquette d’outsider. Mais pour cette sélection, déjà présente en phase à élimination directe pour la première fois depuis quatorze ans, la qualification vaut une victoire. L’équipe, contrainte de s’entraîner et de jouer loin de son pays depuis le début du conflit, a retrouvé une cohésion inattendue malgré les blessures physiques et morales laissées par la guerre civile qui déchire le pays depuis avril 2023.
Le football comme échappatoire à la guerre
Dans un pays à l’arrêt, privé de championnat et d’infrastructures, la Coupe d’Afrique des nations offre une note positive bienvenue. Le tournoi apparaît comme une respiration pour un peuple marqué par des mois de violences et de déplacements.
« Nous jouons avec l’espoir de gagner et d’apporter de la joie au peuple soudanais », confiait le capitaine Bakhit Khamis, conscient que chaque but représente une lueur d’espoir dans un quotidien tragique.
Une préparation en exil et l’énergie de la foi
Basés en Libye pour leurs matchs « à domicile », les joueurs ont affronté l’épreuve du silence : celui des tribunes vides et de l’éloignement. Dans ce contexte, le sélectionneur ghanéen Kwesi Appiah a tout de même trouvé les mots pour rassembler. « Nous ne sommes pas venus à la CAN pour faire de la figuration. Le Sénégal est une grande équipe, nous la respectons beaucoup, mais nous ne la craignons pas », répétait-il à ses hommes, décidés à briser les pronostics.
« Le football peut tout changer »
Pour Appiah, la portée du football dépasse largement le rectangle vert. « Je prie pour que, grâce à la CAN, cela contribue à apaiser la guerre, voire à y mettre fin. Je me souviens d’un match où, après notre victoire, tout le monde a déposé les armes et a fait la fête pendant une semaine. Pour moi, cela montre que le football peut tout changer dans ce monde », a-t-il confié.














