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Papaoutai version Africa Soul ou Sienna Rose, c’est de l’IA ... et Spotify ne vous le dit pas

par RTL info
L’intelligence artificielle bouleverse l’industrie musicale, au point de produire des titres classés numéro un et des artistes entièrement virtuels. L’expert musical de RTL Hugues Hamelynck décrypte une mutation déjà bien installée.

Il y a encore un an, l’IA dans la musique relevait surtout de l’expérimentation. Aujourd’hui, les grandes maisons de disques assument pleinement le phénomène. Hugues Hamelynck cite l’exemple d’Universal Music, qui accompagne la diffusion d’une reprise de Papaoutai de Stromae en version “Africa Soul”, entièrement générée par intelligence artificielle. Le titre, au style proche d’une bande originale du Roi Lion, a connu un succès mondial, se classant numéro un en Europe et entrant dans le top 200 américain.

Juridiquement, il s’agit d’une reprise classique : les auteurs-compositeurs perçoivent leurs droits, Stromae a validé l’initiative et le morceau a même été proposé aux radios. « On est vraiment dans le même cadre juridique », souligne l’expert, rappelant que la responsabilité repose désormais aussi sur les diffuseurs.

Sienna Rose n’existe pas, malgré ce que ses créateurs tentent de faire croire

Au-delà des reprises, certains projets vont encore plus loin avec des artistes totalement virtuels. Hugues Hamelynck évoque le cas de Sienna Rose, chanteuse au visage et à la voix séduisants… mais entièrement générée par IA. Son titre Into the Blue cumule déjà 4,5 millions d’écoutes et l’artiste revendique 11 millions d’abonnés. Pourtant, elle n’existe pas et ne se produira jamais sur scène. « Là où c’est un problème, c’est que les créateurs essayent de nous faire croire qu’elle existe. Et là, il y a malhonnêteté intellectuelle évidemment », note le spécialiste.

Deezer plus transparent que Spotify

Cette montée en puissance de l’IA pose des questions éthiques et économiques. La rémunération des auteurs, compositeurs et interprètes reste au cœur des préoccupations et les plateformes jouent ici un rôle clé.

Spotify, selon Hugues Hamelynck, continue d’intégrer des morceaux générés par IA dans ses playlists, sans les distinguer clairement. « Ils font comme si de rien n’était », observe-t-il, estimant que la plateforme n’est pas la plus proactive sur le sujet, alors même qu’elle tire des revenus importants de ces contenus.

À l’inverse, Deezer a choisi d’afficher plus de transparence. La plateforme française a mis en place un système permettant d’identifier les morceaux générés par intelligence artificielle et d’en informer les utilisateurs. Une initiative saluée par l’expert, qui estime qu’il reste « vraiment un truc à faire du côté de Spotify », jugé en retard sur cette question.

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