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La marche a débuté à 15h par des prises de parole au micro devant une foule dont de nombreuses personnes portent des masques ou des lunettes de soleil. Intitulée « Lyon demande justice pour Quentin tué par les antifas », la marche suivra un parcours de 1,4 kilomètre qui se terminera sur les lieux de l’agression.

« Lyon est d’abord la capitale de la Résistance »
« Je ne veux pas que Lyon soit la capitale de l’ultradroite, à aucun moment », a déclaré ce samedi le maire écologiste de la ville, Grégory Doucet, avant une marche en hommage au militant d’extrême droite radicale Quentin Deranque. « C’est d’abord la ville de Jean Moulin, la capitale de la Résistance », a-t-il ajouté devant la presse, en assurant que tout le week-end serait placé dans sa ville sous une « extrême vigilance » des policiers nationaux et municipaux. Grégory Doucet avait demandé, en vain, à la préfecture d’interdire cette marche.
2.000 à 3.000 participants attendus
Selon l’arrêté de la préfecture du Rhône qui autorise cette marche, l’étudiant et militant d’extrême droite de 23 ans Quentin Deranque a succombé à « un déluge de coups assénés le 12 février alors qu’il était au sol », victime d’un « homicide suite à des affrontements entre groupes d’ultradroite et d’ultragauche ». « Un lynchage absolument abominable » consécutif à « une rixe entre deux groupes », a abondé vendredi le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez, qui anticipe la présence de « 2.000 à 3.000 » participants.
Le président Emmanuel Macron a appelé « tout le monde au calme » ce matin en marge de l’ouverture du Salon de l’agriculture à Paris. « Le Premier ministre comme le ministre de l’Intérieur seront vigilants pour que les choses se passent du mieux possible. Je pense que c’est un moment de recueillement et de respect pour notre jeune compatriote qui a été tué, pour sa famille, ses proches. Et ça doit d’abord être cela. »
L’appel à défiler relayé par les groupuscules d’extrême droite
Le ministre et la préfecture ont expliqué avoir pesé le risque de « violences » et de « trouble à l’ordre public » à l’aune de la nécessaire « liberté d’expression ». Ils ont finalement donné leur feu vert à cette marche.
L’appel à défiler est abondamment relayé sur les réseaux sociaux par des groupuscules d’ultradroite : les « nationaux-révolutionnaires » Allobroges Bourgoin, dont Quentin Deranque a été membre, les identitaires d’Héritage Lyon et du collectif féministe d’extrême droite Némésis, les « nationaux-identitaires » d’Audace Lyon et les nationalistes monarchistes et anti-républicains de l’Action Française. Ces deux derniers postent des vidéos de leurs militants collant nuitamment les affiches appelant à la marche.

L’extrême gauche appelle les personnes racisées à éviter les lieux
Dans certains quartiers du parcours, les mouvements de l’ultragauche ont aussi collé des tracts appelant à « tenir tête aux racistes » ou conseillant aux « personnes racisées », « particulièrement visées » par les « néo-nazis » de rester chez elles.
Il existe à Lyon « un antagonisme récurrent et violent entre la mouvance d’ultragauche et la mouvance d’ultradroite » et « cette marche peut être un catalyseur (…) d’affrontements (…) entre groupuscules » des deux camps, lit-on dans l’arrêté préfectoral interdisant toute manifestation en dehors du périmètre autorisé.
« À mon âge, je ne vais pas faire le fanfaron, si je dois aller quelque part, j’éviterai » les endroits où ils défilent, assure Jean Echeverria, 87 ans et depuis 50 ans dans le 7ème arrondissement. « Parce qu’ils vont encore se taper dessus, on n’en finira jamais, entre l’extrême de ceci, l’extrême de cela, c’est éternel », lâche-t-il, fataliste. Non loin de là, les fenêtres d’appartements au rez-de-chaussée des immeubles proches du lieu de l’agression, ont été barricadées avec des planches.
Des drones pour filmer et beaucoup de forces de l’ordre mobilisées
Un autre arrêté autorise la police à filmer le cortège avec des drones pour suivre les éventuels échauffourées ou mouvements de foule. Beauvau a également dépêché en renfort à Lyon « plusieurs compagnies républicaines de sécurité, des escadrons de gendarmerie mobile, ainsi que de policiers nationaux » d’autres départements. Qui aideront aussi à « sécuriser les gares » et « patrouiller dans les transports en commun ».

La préfecture mentionne aussi auprès de l’AFP des appels à rejoindre la marche ou des manifestations concomitantes par des groupes d’ultradroite et d’ultragauche d’autres pays d’Europe.















