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Opposant au gouvernement fédéral, Paul Magnette se montre particulièrement critique face au nouvel accord budgétaire. À l’instar des organisations syndicales, il juge que les décisions prises auront un impact considérable sur les salariés, notamment via la modification de l’indexation automatique.
« Ils disent qu’ils ne font pas de saut d’index mais en réalité, ils en font deux », explique le socialiste. « Alors c’est vrai que ce n’est pas pour tout le monde, mais c’est la moitié des travailleurs », ajoute-t-il. Il rappelle que le seuil de 4.000 euros évoqué par le gouvernement correspond à un salaire brut : « Et 4000 euros bruts, c’est à peu près 2500 euros nets ».
Selon lui, les conséquences seront très concrètes : « Si vous prenez l’exemple d’un instituteur en milieu de carrière, il va perdre à peu près 500 euros sur une année. Ça correspond vraiment à la classe moyenne et c’est encore une très mauvaise nouvelle. Les 500 euros qu’on leur avait promis, ils ne les verront jamais ».
« Des taxes qui frappent directement les ménages »
Paul Magnette accuse l’exécutif de multiplier les mesures qui pénalisent les familles, notamment via les accises. « Ils jouent sur les mots en disant qu’ils n’ont pas augmenté la TVA. Mais quand vous augmentez les accises sur le diesel, sur l’essence, sur le gaz, sur le mazout… à la fin, les gens vont payer. C’est exactement la même chose. »
Selon lui, les factures d’énergie et les pleins de carburant augmenteront mécaniquement, aggravant la pression financière sur les ménages. Il estime que « l’effort est extrêmement mal réparti », dénonçant une contribution minime des grandes fortunes et du secteur bancaire. « Les montants importants qui arrivent dans ce budget, ça vient de la non-indexation des salaires », souligne-t-il, évoquant « 500 euros en moyenne de perdu pour quelqu’un qui a un salaire moyen ».
Une accumulation en Wallonie
Le président du PS rappelle que ces nouvelles taxes s’ajoutent à d’autres décisions, tant fédérales que régionales. « En Wallonie aujourd’hui, les crèches coûtent plus cher, les coûts scolaires sont plus élevés, les maisons de repos, les titres-services, l’eau… C’est vraiment une avalanche de nouvelles taxes qui s’abattent sur les travailleurs en général, et sur les classes moyennes en particulier. »
“Remettre 100.000 malades de longue durée au travail ? Impossible”
Interrogé sur la mesure visant à réintégrer 100.000 malades de longue durée dans l’emploi, Paul Magnette se montre prudent mais ferme. Il reconnaît la nécessité de renforcer les contrôles : « Il y a des gens qui abusent, on le sait. […] Il faut évidemment que les gens qui sont en état de travailler aillent travailler. Moi, je condamne toute forme de fraude ».
Mais il juge l’objectif irréaliste : « Quand ils disent qu’ils vont remettre 100 000 personnes au travail, c’est une supercherie. On sait très bien que c’est impossible. Après cela, ils viendront encore avec de nouvelles taxes qu’ils vont imposer aux citoyens ».
« Une profonde crise de confiance »
Paul Magnette estime qu’une autre voie budgétaire était possible, davantage centrée sur les grandes fortunes, la lutte contre la fraude fiscale et certaines niches d’entreprises. « Si on avait demandé une vraie contribution aux grandes fortunes, ça aurait rapporté 6 milliards. Et grâce à ça, on peut faire en sorte qu’on ne demande pas aux pensionnés d’être encore mis à contribution, qu’on ne fasse pas perdre une partie de leur salaire à des travailleurs ».
Pour lui, ces choix politiques alimentent une perte de confiance généralisée : « Pendant toute la campagne, on leur a dit qu’on allait valoriser le travail, qu’on allait augmenter les salaires. Et ils font exactement l’inverse. »


















