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« Ce sont des cibles énormes, très vulnérables » : le commandant en chef de la Force Cyber belge tire la sonnette d’alarme

Par RTL info avec Martin Buxant
Le Général Ciparisse, commandant en chef de la Cyber Force belge, était l’invité du 7h50 de bel RTL ce mercredi matin. Alors qu’un hôpital anversois a été victime d’une cyberattaque mardi, le commandant dévoile les infrastructures les plus vulnérables, mais aussi qui sont généralement les hackers.

Le Général-Major Ciparisse est à la tête de la Force Cyber belge, conçue pour répondre aux menaces du monde moderne, dans le cyberespace. Opérationnel depuis juin 2025, ce service de la défense belge a essentiellement pour mission de protéger et de défendre les systèmes des forces armées contre les tentatives d’attaques.

Mais lorsqu’on parle d’alerte ou d’attaque, ce sont des infrastructures qui sont concrètement touchées, comme les hôpitaux dans le cas de l’attaque qui a touché l’hôpital anversois AZ Monica pas plus tard qu’hier, mardi. Mais aussi les administrations ou encore les réseaux électriques.

« Tout système informatique est vulnérable »

Parmi ces systèmes qui peuvent être atteints, le Général-Major Ciparisse insiste d’abord sur un point : « Tout ce qui est connecté est touchable, et même ce qui n’est pas connecté. Rappelez-vous l’attaque contre les centrifugeuses en Iran, c’était un réseau isolé, mais il a été possible de l’attaquer en faisant en sorte qu’une clé USB ou un objet connecté ait été amené dans le système. Donc tout système informatique est vulnérable. »

« Il est clair que tout ce qui est connecté est plus exposé, s’il est accessible Internet », poursuit le commandant de la Force Cyber.

Mais alors qu’en est-il du secteur bancaire ? Pour le Général Ciparisse, « il est probablement un des secteurs les mieux protégés, puisqu’à la base il se protégeait déjà contre la fraude. C’est un combat permanent, ce qui fait que le secteur bancaire est un des secteurs les plus contrôlés et les plus surveillés, donc ce n’est pas là que je suis le plus inquiet. »

Sonnette d’alarme tirée pour les hôpitaux

En effet, l’inquiétude du commandant est dirigée sur d’autres types de services, où la sonnette d’alarme a été tirée : « Les hôpitaux, c’est un exemple, et on le voit avec l’incident qui vient se produire récemment. Ce sont des cibles énormes en termes de vulnérabilité. Une étude récente du SPF a montré que pour 3 hôpitaux sur 4, il était nécessaire d’augmenter les systèmes de protection. »

Derrière ces attaques contre la Belgique et ses systèmes informatiques, ce sont souvent des groupes, comme le souligne le Général Ciparisse : « Ce sont soit des groupes de criminels, soit des acteurs étatiques. C’est-à-dire des groupements qui sont les produits de services de renseignement étrangers ou les bras armés de certaines forces étrangères, qui sont des organisations qui ont pour but de mener aussi leur combat dans le cyberespace. »

Les quatre suspects habituels

Si l’on parle souvent des Russes ou des Chinois, d’autres pays comme l’Iran et la Corée du Nord sont aussi cités au rang des « usual suspects » selon le commandant en chef. Ce sont en tout cas les quatre pays traditionnellement derrière les attaques.

Mais d’autres peuvent également figurer sur cette liste des auteurs : « Si on regarde par exemple dans le domaine de la désinformation, je peux citer la surprise récente qu’on a pu avoir, avec le Rwanda qui a mené une campagne de désinformation contre la Belgique quand on a eu certaines difficultés de relations diplomatiques. »

Les puissances pouvant exploiter le cyberespace dans leur intérêt sont donc nombreuses. Le commandant en chef affirme que la Force Cyber surveille notamment les réseaux sociaux, car « la désinformation est vraiment un point d’attention » de la défense cyber.

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