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Une semaine après l’agression particulièrement choquante d’un adolescent de 15 ans à Anderlecht, brûlé vif par des jeunes, la question de la violence juvénile revient sur le devant de la scène. Cette situation pose une question d’actualité : les jeunes vont-ils de plus en plus loin dans leur violence ? Les réponses à ces questions interpellent aussi bien la société que les spécialistes.
Selon les experts en criminologie, ces actes restent cependant exceptionnels. Ils s’expliquent notamment par les dynamiques propres à l’adolescence, une période de quête identitaire, marquée par une recherche constante de valorisation. Ils sont très sensibles aussi à toute forme d’humiliation, même minime », détaille Fabienne Glowecz, professeure de psychologie à l’ULiège.
En groupe, les tensions peuvent s’amplifier et se transformer en situations de violence sévère, où chacun est poussé à aller toujours plus loin. « L’influence du groupe peut conduire un conflit banal vers des actes extrêmement sévères », explique Fabienne Glowecz.
Une augmentation significative
Les données collectées par les parquets et la police montrent que la délinquance juvénile est restée globalement stable ces dix dernières années. Toutefois, une augmentation de 17 % des actes de violence contre les personnes a été observée, souvent en lien avec les interactions en ligne. Selon Céline Mathys, professeure de criminologie à l’ULiège : « Il y a toute une série de conduites en ligne, des règlements de comptes, d’insultes, qui vont trouver une issue au sein de l’espace public qu’on ne trouvait pas avant. Par ailleurs, on constate une baisse des vols, des cambriolages et du vandalisme parce qu’on a des jeunes qui sont simplement derrière leurs écrans. »
La généralisation des outils numériques et l’impact de la crise du Covid-19 ont également modifié la manière dont les jeunes interagissent. Passant davantage de temps connectés, ils semblent « moins équipés pour gérer les conflits » et développent moins d’empathie regrette Fabienne Glowecz. Ces difficultés relationnelles trouvent parfois leur origine dans des contextes de précarité émotionnelle, économique, ou familiale. Les traumatismes vécus par certains jeunes peuvent ainsi les conduire à adopter des comportements violents.
Une peur qui se répend
Les récits d’agressions récents comme celui d’une jeune fille à Molenbeek, brutalement attaquée par un groupe d’adolescents et brûlée au visage avec un briquet, ne font qu’ajouter à l’angoisse ambiante. Ces histoires, largement partagées sur les réseaux sociaux, nourrissent un climat de peur, comme le rapporte une étudiante : « Avec ce qu’on entend à la télé et tout ça, ce n’est pas du tout rassurant de sortir toute seule. »
En conclusion, psychologues et criminologues soulignent que cette violence juvénile est avant tout un symptôme d’une société en difficulté, incapable d’offrir aux jeunes les ressources nécessaires à leur épanouissement.
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