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Suite à un parcours de vie compliqué, Marie s’est retrouvée à 20 ans sans domicile fixe. Depuis maintenant quatre ans, elle vit dans la rue. Et aujourd’hui, elle tient à faire entendre sa voix et ses droits : « Que le gouvernement comprenne enfin ce que c’est de vivre dehors, sans argent, sans aide, sans personne, lance-t-elle. En plus il y a des agressions le soir, etc. Pourquoi le gouvernement ne se pose pas la question, ne bouge pas, au lieu de nous écraser ? »
À Namur, 70 % des personnes sans domicile fixe ont des revenus, soit en travaillant, soit en percevant sous certaines conditions des aides, du chômage, de la mutuelle ou encore du CPAS. « C’est ça la difficulté, parce que les personnes doivent prouver qu’elles sont sur le territoire, raconte Olivier Hissette, président de la Fédération des coordinateurs généraux des relais sociaux wallons. Quand vous n’avez pas de domicile, on trouve des moyens, des associations ou autres qui attestent que la personne était sur le territoire ». Et Olivier Hissette de préciser : « Oui, des personnes bénéficient d’une intégration. Vous allez me dire mais pourquoi on ne trouve pas un logement ? Parce que le revenu d’intégration ne permet pas de trouver un logement. Les logements sont trop chers. »
Les associations présentes ce matin réclament des mesures pour lutter contre le mal-logement, notamment via un contrôle des loyers, un investissement massif dans le logement public et un accompagnement à chaque sortie d’institution, d’hôpital ou de centres d’accueil.
« Tout faire pour maintenir les personnes chez elles, vraiment, c’est important, souligne Arnaud Bilande, coordinateur du rassemblement wallon pour le droit à l’habitat. Donc c’est éviter les expulsions à tout prix, mettre tout en œuvre et avoir des solutions d’hébergement d’urgence. Mais avant ça, faire en sorte qu’on accompagne pour éviter que les impayés de loyer se transforment en des dettes impayables ».
Frédéric est bénévole dans une association liégeoise en contact quotidien avec ce public précarisé. Selon lui, l’accueil des sans-abri est aujourd’hui mis en péril par les économies annoncées par le gouvernement. « Maintenant des personnes reçoivent déjà la lettre comme quoi ils vont être expulsés du chômage. Ce qui veut dire qu’ils vont se retrouver à la rue, déplore Frédéric Pleyers, bénévole dans une association d’aide aux sans-abri. Parce que si vous n’avez pas de finances, vous n’avez pas de logement. Il est temps d’agir et vraiment bouger les choses ».
En Wallonie, près de 20.000 personnes sont en situation de sans abrisme ou n’ont pas de chez soi.


















