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Grièvement brûlée lors de l’incendie survenu à Crans-Montana dans la nuit du 31 décembre au 1er janvier, Mélanie Van de Velde, 32 ans, a choisi de prendre la parole sur son compte Facebook, comme relayé par nos confrères de 7sur7. Dans une lettre ouverte publiée sur les réseaux sociaux, cette mère de famille raconte ce que signifie survivre à un tel drame.
Elle faisait la fête au bar Le Constellation lorsque l’incendie a éclaté. Pour échapper aux flammes, elle a sauté une rambarde. « Je suis cette fille qui a sauté non pas par bravoure, mais parce qu’à cet instant précis, le feu était plus fort que la peur. Rester aurait signifié mourir. J’ai sauté pour sauver ma vie. Depuis ce jour, je ne vis plus. Je survis », écrit-elle.
Un corps brûlé, une vie bouleversée
Grièvement blessée, Mélanie Van de Velde a d’abord été hospitalisée à Zurich, avant d’être transférée à Nantes, dans un centre spécialisé. Son corps est brûlé à près de 40 %. « Mon corps est devenu un champ de bataille », confie-t-elle, décrivant des soins incessants et une douleur omniprésente.
L’éloignement pèse aussi lourdement. « Loin de chez moi. Loin de ma vie. Et surtout loin de ma fille, que je ne peux pas prendre dans mes bras quand la douleur devient insupportable », écrit la jeune femme, soulignant la souffrance psychologique qui s’ajoute aux blessures physiques.
Chaque pansement est une épreuve. « La douleur ne disparaît jamais vraiment. Elle s’installe. Elle use. Elle envahit. Mon visage ne sera plus jamais le même. Celui que je reconnaissais dans le miroir n’existe plus. Celui que ma fille connaissait non plus », résume-t-elle, donnant à voir une réalité souvent invisible après les faits divers. Sans citer de noms, Mélanie Van de Velde interroge aussi les responsabilités. « Où est la justice quand la victime porte à vie les marques visibles et invisibles, et que les responsabilités restent floues, silencieuses, diluées ? », demande-t-elle, alors que l’incendie a coûté la vie à 41 personnes.
Elle insiste : sa démarche n’est pas animée par la vengeance. « Le silence est une deuxième brûlure. Survivre ne devrait jamais signifier se taire », écrit-elle enfin.


















