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Prévenus via WhatsApp, 90 travailleurs de KM Group ne sont plus payés: "On est choqués"

À Flémalle, 90 travailleurs d'une entreprise de livraison de colis ne sont plus payés depuis bientôt deux mois. L'entreprise est en difficulté, les employés n'ont pas reçu de C4, mais bien un message WhatsApp pour les informer de la fin des activités. 

"Nous ne pouvons plus continuer ni assumer financièrement les opérations de notre entreprise". En quelques lignes, un simple message envoyé sur les smartphones de ces travailleurs, le 31 juillet dernier à 22 h. L'annonce du licenciement est brutale, tous sont dépités. "On est vraiment choqués, nous ne nous attendions pas à ça, parce que c'était une grosse société, on travaillait bien", déclare Havvas, un travailleur, désormais sans emploi.

Sans avertissement, KM Group, un sous-traitant d'Amazon, décide de fermer sa société spécialisée dans la livraison de petits colis. Le salaire du mois de juillet n'a pas été versé, les travailleurs sont pris en otage.

Une pratique courante

Aucune démarche administrative n'a été lancée, la faillite n'est pas encore prononcée, le blocage est complet. "Pas de faillite, pas de curateur, pas de C4, le salaire du mois de juillet n'a pas été payé, donc pas de C4, pas d'allocation de chômage à titre provisionnel, comme tous les travailleurs de Belgique peuvent obtenir en cas de faillite", explique Daniel Maratta, secrétaire provincial de l’UBT-FGTB.

Pourtant, dans ce secteur, d'après les syndicats, la pratique est courante. Les conditions de travail restent difficiles avec 250 colis à livrer par jour. "Dans le secteur du petit colis, c'est élevé à une jungle, il y a peu ou trop peu de cadres, en tout cas, et donc aujourd'hui, on se retrouve dans des situations malheureuses comme celles-ci, avec 90 travailleurs qui ont des familles derrière, mais qui n'ont pas de recours derrière pour pouvoir subvenir à leurs besoins", indique Ludovic Moussebois, responsable général CSC Transport et Logistique.

En attendant l'arrivée d'un prochain curateur, ces travailleurs devront désormais se battre de longs mois devant le tribunal du travail pour récupérer leurs salaires et leurs droits.

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