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Des robots chinois livrent des prouesses inimaginables : des entreprises commencent à les employer… à la place d’humains

par RTL info avec Emmanuel Dupond et Véronique Forest
Des robots qui font des saltos, d’autres qui imitent le kung‑fu, ces images venues de Chine ont fait le tour du monde cette semaine. Des avancées impressionnantes… et un débat qui s’impose : quelle place pour ces machines dans notre société ? Remplaceront‑elles un jour l’homme ?

Des robots plus humains que jamais en train de célébrer le nouvel an chinois, à Pékin : le spectacle annuel de divertissement s’est transformé en démonstration de pouvoir. Comment ces robots ont-ils évolué en une décennie ? Faut-il saluer ces avancées technologiques ou au contraire s’en inquiéter ?

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C’est un fait certain : ils ont incontestablement volé la vedette aux artistes avec lesquels ils partageaient la scène lundi dernier. Devant plus d’un milliard de téléspectateurs, ces robots humanoïdes ont réalisé de véritables acrobaties avec une époustouflante agilité.

Le maniement du sabre ou du nunchaku n’est visiblement plus un secret pour ces robots bipèdes, un show minutieusement préparé qui pousse certains experts à ne pas s’extasier devant la performance.

« Il y a des opérateurs humains qui sont derrière et qui s’assurent que tout fonctionne bien, c’est un premier point. Puis un deuxième point, il y a une différence entre faire un show qui est une démonstration de prouesse technologique et l’utilisation au jour le jour, ça, c’est quand même quelque chose d’assez différent », précise Pierre Sacré, chargé de cours en robotique intelligente à l’Université de Liège.

En quelques décennies, les robots ont connu une évolution spectaculaire passant du simple automate à l’humanoïde. Les secteurs d’activité où ils sont présents sont nombreux, à l’image des chiens robots redoutables dans les métiers de la sécurité.

Les avancées technologiques sont particulièrement visibles dans le monde de l’automobile : le constructeur Hyundai a présenté en janvier dernier Atlas, un robot connecté à une plateforme d’intelligence artificielle qui dispose de mains fines et articulées. Ce qui lui permet d’être plus efficace que les humains, particulièrement dans les usines où chaque seconde compte.

« Je ne pense pas que ce type de robot va remplacer des ouvriers qualifiés, va remplacer des artisans, parce que tous ces métiers demandent une certaine dextérité que ces robots n’ont pas encore », note encore Pierre Sacré.

Pourtant, le sujet fait débat : Atlas coûte 130 000 euros à l’achat, mais sa maintenance annuelle revient à 8 000 euros. Elle représente un dixième du coût d’un salarié. Remplacer un humain par un robot est donc devenu une réalité, au point qu’un projet de loi sur cette possible transition est actuellement examiné en Corée du Sud.

Les enjeux sont considérables : l’entreprise chinoise Unitree Robotics, qui est à l’origine du spectacle captivant de lundi dernier, ne cache pas ses ambitions. « Nous avons compris comment les robots se déplacent de manière stable et fluide. Il nous reste à travailler sur la façon dont ils peuvent interagir avec les humains et leurs émotions. Ce sont les défis pour l’avenir », explique Chen Xiyun, responsable marketing de l’entreprise.

« La vraie question qui se cache derrière tout ça, ce n’est pas de savoir s’il faut s’en inquiéter, c’est plutôt qui va décider la manière dont ces technologies sont appliquées dans notre monde réel et qui bénéficie finalement de ces technologies », note le chargé de cours en robotique.

Sur le marché mondial, la Chine est numéro 1 de la robotique industrielle avec des robots toujours plus compétitifs et infatigables. L’un d’entre eux vient d’entrer dans le livre des records pour avoir marché durant 3 jours sans interruption.

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