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À la suite du terrible incendie d’un bar à Crans-Montana, en Suisse, 40 personnes ont perdu la vie et plus d’une centaine d’autres ont été blessées.
Parmi ces blessés, cinq grands brûlés ont été transférés en Belgique dans des unités spécialisées comme à l’hôpital militaire Reine Astrid de Neder-Over-Hembeek, au Grand Hôpital de Charleroi mais aussi au CHU de Liège.
Là-bas, Anne-Françoise Rousseau est responsable des soins intensifs. Combien de patients ont été accueillis dans le service et quel dispositif est mis en place ? « Jusqu’à maintenant, on a accueilli une patiente qui est arrivée hier dans l’après-midi. Le dispositif qui a été mis en place est similaire à toute admission d’un patient brûlé dans notre unité. C’est une monopolisation d’une équipe pluridisciplinaire qui comprend des infirmiers, des médecins anesthésistes et intensivistes, des kinésithérapeutes, des chirurgiens qui sont là pour faire les premiers soins, en tous les cas faire le premier bilan d’admission du patient avec un examen des plaies, un examen des complications potentielles déjà associées et la prise en charge du patient dans les premières heures qui suivent son admission », explique-t-elle.
Si on parle beaucoup ces dernières heures de brûlure, dans ce type de drame, ce sont surtout les fumées qui tuent. « Les fumées sont vecteurs de toxiques, notamment le monoxyde de carbone ou le cyanure, qui peuvent induire rapidement des défaillances d’organes, des défaillances cardiaques, circulatoires ou neurologiques. Ce sont les premières causes de décès dans les minutes ou dans les heures qui suivent un traumatisme comme celui-là », affirme-t-elle encore.
« On peut aussi penser à d’autres traumatismes comme des polytraumatismes, notamment dans ce contexte-ci particulier. On peut imaginer que les patients peuvent être piétinés par exemple et avoir d’autres traumatismes un peu plus fermés ou ouverts qui peuvent eux aussi conduire à des lésions qui sont graves et induire le décès du patient dans les premières heures. En général, ce n’est pas la brûlure elle-même, la brûlure cutanée qui induit le décès dans les premières minutes, c’est vraiment des lésions associées qui peuvent être dramatiques dans les premières minutes et qui peuvent rendre la prise en charge un peu plus compliquée ».














