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« Ça, c’est extraordinaire » : Elon Musk sérieusement bousculé par les exploits d’un concurrent

par RTL info avec Luc Gilson
La Belgique investit massivement dans le spatial avec plus de 900 millions d’euros au budget fédéral. Blue Origin, la société de Jeff Bezos, rattrape SpaceX dans la course à l’espace et à la Lune. C’est l’actu spatiale de fin 2025, décryptée par Luc Gilson et Pierre-Emmanuel Paulis dans La tête dans les étoiles.

La Belgique vient de confirmer son ambition spatiale avec plus de 900 millions d’euros inscrits au budget fédéral, un investissement que Pierre‑Emmanuel Paulis décrit comme « rentable » et stratégique pour l’emploi et la recherche. Dans le même temps, et également au menu de La tête dans les étoiles, Blue Origin talonne désormais SpaceX dans la course à l’espace… et à la Lune, relançant une rivalité technologique et commerciale au cœur même des États‑Unis.

Le spatial, un investissement rentable

Pour Pierre‑Emmanuel Paulis, le message est clair : « un euro investi dans l’aventure spatiale en rapporte de 3 à 5 sur Terre, chez nous, dans notre économie, en Belgique ». L’instructeur à l’Euro Space Center rappelle que derrière ces montants se cachent « beaucoup d’universités, beaucoup de chercheurs, donc beaucoup de familles, beaucoup d’emplois », estimant à environ 800 le nombre d’emplois directement impactés par le spatial. Maintenir ce budget, insiste‑t‑il, permet de conserver « un certain savoir‑faire, des technologies, une matière grise » : « on a besoin de nous, de nos chercheurs ».

L’ESA, les retours industriels… et un astronaute belge

Cet effort budgétaire se traduit principalement par la contribution belge à l’Agence spatiale européenne. En échange, rappelle Pierre‑Emmanuel Paulis, « il y a des retours attribués à chacun des pays qui investissent », sous la forme de contrats pour les entreprises belges dans la fabrication de pièces de fusées, de satellites et dans des programmes de recherche.

À ses yeux, la nomination de Raphaël Liégeois comme astronaute de l’ESA est aussi « une récompense pour le travail accompli par la Belgique » : « La Belgique est le plus grand des petits pays investissant dans le spatial à l’Agence spatiale européenne et donc évidemment, c’est un retour sur investissement d’avoir la chance d’avoir un astronaute. » Son futur vol sera, dit‑il, « extrêmement important pour notre petit pays » et un formidable levier pour « stimuler la jeunesse à faire des études scientifiques ».

Quand Bezos rattrape Musk

Sur le front privé, l’actualité brûlante, c’est Blue Origin, « un peu le concurrent de SpaceX », la société de Jeff Bezos face à celle d’Elon Musk. Pierre‑Emmanuel Paulis estime que Blue Origin a « presque rattrapé son concurrent » en lançant une toute nouvelle fusée, bien plus puissante que les New Shepard jusque‑là limitées aux vols balistiques pour touristes fortunés à une centaine de kilomètres d’altitude. La vraie rupture, souligne‑t‑il, c’est que « le premier étage de la fusée est venu se reposer sur une barge, très loin au large de la Floride, dans l’océan Atlantique, à 500 kilomètres quand même de la côte, mais pile poil sur la barge » : un « exploit » réussi dès le deuxième essai, alors que « Starship, Elon Musk avait mis plus de temps pour réussir ça ».

Cap sur Mars et retour sur la Lune

L’exploit ne s’arrête pas là : la nouvelle fusée de Blue Origin a « réussi à placer deux sondes en orbite autour de la Terre, mais très très loin, à 1 500 000 kilomètres de nous, ce qu’on appelle un point de Lagrange ». Ces sondes y « attendent en ce moment la planète Mars » et, au moment opportun, « allumeront leurs petits moteurs » pour se placer en orbite martienne. « Tout ça en un seul essai et lors d’un deuxième test, c’est absolument extraordinaire », insiste Paulis. Et déjà, Blue Origin annonce pour l’an prochain, lors du troisième vol de la New Glenn, le déplacement d’un prototype d’atterrisseur lunaire, le Blue Moon, concurrent direct du Starship et candidat des futures missions Artemis : « On peut dire qu’il y a vraiment maintenant une vraie rivalité entre les deux sociétés. Lequel des deux se posera sur la Lune ? Est‑ce qu’on fera confiance uniquement au Starship qui patauge un peu pour le moment, ou bien à Blue Origin avec le Blue Moon ? Wait and see. »

Dans cette nouvelle donne, « la guerre n’est plus uniquement avec la Chine », conclut Pierre‑Emmanuel Paulis : elle se joue désormais aussi « au sein des États‑Unis, avec deux sociétés privées qui vont se disputer la capacité de pouvoir amener des astronautes à la surface de la Lune ».

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