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Le 31 décembre dernier, 17 pompiers sont de garde à Crans-Montana. Les trois volontaires font partie des premiers dépêchés au bar Le Constellation. « Quand on est arrivé, il n’y avait plus de flammes, se souvient David Castillo, chef d’équipe. Simplement beaucoup, beaucoup de fumée. » Une épaisse fumée qui laissait planer le doute : s’agissait-il de la fin ou du début d’un incendie ?
Ils se sont toutefois rapidement rendu compte de l’ampleur de la situation, évoquant une scène chaotique avec des centaines de personnes paniquées, criant et courant pour échapper au danger.
« Vu l’étroitesse des lieux, on n’a pas pu être davantage pour évacuer »
Le bar présentait des caractéristiques rendant les secours particulièrement compliqués. Situé en sous-sol, il s’est rapidement transformé en piège mortel pour de nombreuses victimes. « Quand on est descendus, c’est là qu’a commencé le gros du travail », résume Audrey Nemeth, pompière volontaire. « Au fur et à mesure qu’on progressait dans le bar, on voyait de plus en plus de victimes. C’étaient des personnes qui ne donnaient aucun signe de vie », confie Steven Lanners, pompier volontaire. Les conditions sur place étaient extrêmement difficiles. « Vu l‘étroitesse, les escaliers, la pente, malheureusement on ne pouvait pas être plus pour évacuer car il n’y avait pas de place », regrette David. Un cadre cauchemardesque qui a marqué à jamais les intervenants.
Certains voisins ont pris des risques pour venir en aide aux victimes
Alors que la situation semblait désespérée, une lueur d’espoir est apparue grâce à la solidarité des passants et des voisins, qui n’ont pas hésité à prendre des risques pour aider. « L’investissement des civils, on ne peut le qualifier que d’extraordinaire, estime Audrey. Cette mobilisation était impressionnante ».
Ce soutien spontané a permis de sauver des vies et de redonner un peu de courage aux équipes présentes sur place. En pleine tragédie, cet élan de solidarité restera gravé comme un moment de lumière dans les ténèbres de cette nuit.
Un mois après les faits, les pompiers qui ont participé aux secours peinent encore à tourner la page. Les images de cette nuit d’horreur restent gravées dans leur mémoire, bien que chacun s’efforce de se reconstruire.
















