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Presque un mois après le tragique incendie survenu à Crans-Montana, plusieurs victimes luttent encore contre les séquelles physiques et psychologiques de la catastrophe. Parmi elles, Roze, 18 ans, hospitalisée au CHU de Liège. Brûlée au cours de l’incendie qui a ravagé le bar « Constellation », elle a été plongée dans un coma artificiel et a subi plusieurs interventions chirurgicales avant de quitter les soins intensifs vendredi dernier.
« Le plus dur est passé »
Depuis son lit d’hôpital, Roze assure qu’elle « va mieux » et reçoit « beaucoup de soins ». Chaque jour, ses pansements sont changés. Si elle porte encore les traces visibles de ses brûlures, elle n’a plus besoin de bandages autour du visage et peut désormais manger et boire normalement.
Très atteinte aux mains, elle explique qu’elle devra porter des « gants spéciaux » pendant deux ans. Des greffes ont été réalisées avec de la peau prélevée sur ses jambes. Un suivi psychologique a également été mis en place pour l’aider à surmonter le traumatisme. « Ma famille me fait un bien fou », confie-t-elle, reconnaissante aussi envers les Belges qui lui ont témoigné leur soutien.
« L’extincteur était derrière le bar »
Roze ne cache pas son incompréhension et sa colère face à la gestion de l’incendie. Elle pointe du doigt le comportement de Jessica Moretti, la propriétaire du bar : « J’aurais bien voulu qu’elle fasse plus. L’extincteur était derrière le bar, là où elle se trouvait. J’aurais voulu qu’elle le prenne et qu’elle éteigne le feu avant qu’il ne se propage. Dehors, elle n’a aidé personne et elle allait très bien. Je ne pense pas qu’elle ait été blessée. »
Ça a duré 50 secondes
Selon elle, l’inaction de la gérante a aggravé les conséquences du sinistre : « La plupart des gens sont morts à cause de la fumée. Si elle avait éteint le feu dès le début, il n’y aurait pas eu de mort. » Elle déplore également l’absence de gestes de soutien après le drame : « Elle n’a même pas demandé à quelqu’un comment il allait. Rien que d’apporter de l’eau ou d’être présente psychologiquement, c’était déjà beaucoup. Elle ne l’a pas fait. »
De graves négligences pointées du doigt
Roze revient aussi sur les circonstances de l’incendie. Elle évoque un geste potentiellement dangereux lors de la soirée : « Parfois, Jacques Moretti demandait à une employée de monter sur les épaules d’un autre pour lever des bouteilles avec des feux de Bengale. Je pense que c’est ça qui a touché la mousse au plafond et déclenché l’incendie. »
La rapidité avec laquelle le feu s’est propagé a pris tout le monde de court : « Ça a duré 50 secondes. Les gens pensaient avoir le temps, mais tout est allé trop vite. » Dans la panique, certains ont tenté d’éteindre les flammes avec leurs vêtements, faute de pouvoir localiser un extincteur. « Il n’y en avait pas de visible, et la sortie de secours était fermée. »
Roze se dit également choquée par la remise en liberté de Jacques Moretti : « C’est compliqué à comprendre, surtout après 40 morts. » Aujourd’hui, elle tente de se reconstruire, marquée à vie par ce drame, comme de nombreuses autres victimes et familles endeuillées.

















