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Les États-Unis désormais en place pour frapper l’Iran : des négociations peuvent-elles dès lors commencer ?

par RTL info avec Sébastien Rosenfeld et l’AFP 
« J’espère ne pas devoir frapper l’Iran », c’est ce qu’a déclaré Donald Trump il y a quelques heures. De son côté, Téhéran menace de s’en prendre aux bases et aux porte-avions américains en cas d’attaque.

Le porte-avions Abraham Lincoln est désormais en position au nord de l’océan Indien, prêt à frapper l’Iran. Avec ses bâtiments de guerre qui constituent son escorte, le groupe aéronaval attend ses ordres. Son chef, le président des États-Unis Donald Trump, sait qu’il n’a qu’un mot à dire.

Hier soir, ce n’est pas le film de Melania qui intéressait les médias, mais bien son état d’esprit. « Nous avons un groupe aéronaval qui se dirige vers un pays appelé l’Iran et j’espère ne pas devoir utiliser cette force. »

Quelques heures plus tôt, le voici avec les responsables du Pentagone. Plusieurs plans d’action semblent sur la table. Son ministre de la Défense rappelle la réussite de l’opération clandestine américaine sur les sites nucléaires iraniens. « Lorsque le président Trump a déclaré « L’Iran, vous n’aurez pas de bombes nucléaires », il le pensait sincèrement. Nous avons envoyé ces B2 à l’autre bout du monde, ils ne l’ont jamais remarqué. »

De son côté, l’armée iranienne affirme qu’elle ripostera instantanément en cas d’attaque. « Une réponse décisive interviendra instantanément », a promis le brigadier général Mohammad Akraminia, évoquant les « sérieuses vulnérabilités » des porte-avions américains.

Une immense fresque s’affiche en ce moment au cœur de la capitale avec le porte-avions américain et du sang qui s’écoule dans l’eau.

Des volontaires pro-iraniens faisant partie d’une milice irakienne financée par Téhéran s’inscrivent pour partir au combat. Des images de propagande qui démontre une montée de tensions extrêmes dans la région.

La Turquie veut éviter une guerre à ses frontières

Le chef de la diplomatie iranienne est arrivé ce matin à Istanbul pour y rencontrer son homologue turc. Son objectif ? Éviter une attaque américaine en utilisant la Turquie comme médiateur.

« La réussite de toute initiative diplomatique dépend de la bonne volonté des parties concernées et de l’abandon des mouvements et actions belliqueux et menaçants dans la région », a déclaré le président iranien Massoud Pezeshkian à son homologue turc Recep Tayyip Erdogan lors d’un échange téléphonique, selon un communiqué de la présidence iranienne.

Ces déclarations interviennent alors que le ministre des Affaires étrangères iranien est arrivé en Turquie, pays voisin qui veut jouer un rôle de « facilitateur », a dit le président Erdogan à M. Pezeshkian.

La Turquie, membre de l’Otan, souhaite à tout prix éviter une escalade militaire à ses portes, qui risquerait de jeter des milliers de migrants par-delà les plus de 550 km de frontière qu’elle partage avec l’Iran et créerait un nouveau conflit à ses portes, après la Syrie.

Selon la presse turque, le président Recep Tayyip Erdogan pousse de son côté pour l’organisation d’une réunion trilatérale États-Unis/Iran/Turquie. Donald Trump n’a pas exclu la possibilité de faire passer la diplomatie avant la guerre. À la question de savoir s’il a des contacts avec des responsables iraniens en ce moment, il a répondu « Oui, j’en ai eu et j’en prévois », ajoutant que « ce serait formidable si nous n’avions pas à utiliser » ses navires.

Par précaution, la Turquie se prépare à « renforcer la sécurité à sa frontière » avec l’Iran, a confié à l’AFP un haut responsable turc. La Turquie a déjà érigé un mur long de 380 km à cette frontière « mais ce n’est pas suffisant », a-t-il estimé.

Un parallèle avec le Venezuela

Une « armada » sur zone, un ton belliqueux, un pouvoir ennemi : quelques semaines après avoir renversé Nicolas Maduro, Donald Trump semble s’inspirer avec l’Iran de sa stratégie au Venezuela. Le président américain a lui-même fait le lien entre les deux pays, accusés d’avoir cultivé des liens étroits, alors qu’il vantait l’envoi d’une « une armada massive » au Moyen-Orient. « Comme pour le Venezuela, elle est prête, volontaire et capable de remplir rapidement sa mission, avec rapidité et violence, si nécessaire », a-t-il écrit mercredi sur son réseau Truth Social, sans préciser quelle était, au juste, sa mission.

Cette flotte fait peu ou prou la même taille que celle déployée dans les Caraïbes avant l’opération américaine menée en début d’année pour capturer l’ancien dirigeant vénézuélien Nicolas Maduro.

L’Iran et le Venezuela sont tous deux producteurs de pétrole et sous le coup de sanctions occidentales sévères. Et tout comme Maduro, les dirigeants religieux de Téhéran ont fait de l’opposition aux États-Unis un principe fondamental. Après la capture de Nicolas Maduro, Donald Trump s’est appuyé sur la vice-présidente Delcy Rodriguez, investie cheffe de l’État par intérim, malgré le fait qu’elle est sous le coup de sanctions américaines, tout en mettant main basse sur le pétrole vénézuélien.

Toutefois, les signes de fissures au sein de l’État iranien sont moins nombreux qu’ils ne l’étaient au Venezuela. « Je ne pense pas que quiconque puisse vous donner une réponse simple quant à ce qui se passera ensuite en Iran si le guide suprême et le régime venaient à tomber, si ce n’est l’espoir qu’il y ait quelqu’un, au sein de leur système, avec qui vous pourriez travailler », a concédé le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio.

Mona Yacoubian, du Center for Strategic and International Studies (CSIS) à Washington, relève que « l’Iran est infiniment plus complexe que le Venezuela ». « Les centres de pouvoir en Iran sont plus diffus », dit cette chercheuse à l’AFP. « Entreprendre une opération telle qu’une frappe visant à décapiter le régime finirait en réalité (…) par semer le chaos en Iran. »

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