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La grue était utilisée sur le chantier d’un vaste projet ferroviaire soutenu par la Chine et sa chute a provoqué le déraillement, en contrebas, du train de passagers qui circulait entre la capitale, Bangkok, et la province d’Ubon Ratchathani, dans le nord-est du pays.
Il était environ 9H00 (heure locale) lorsque Mitr Intrpanya, un habitant de la province de Nakhon Ratchasima, au nord-est de Bangkok, a entendu « un gros bruit suivi de deux explosions ». « Quand je suis allé voir ce qui s’était passé, j’ai trouvé la grue sur un train de passagers de trois wagons. Le métal de la grue semblait avoir tranché en deux le deuxième wagon », a témoigné cet homme de 54 ans.
Plus de 60 personnes hospitalisées
Des images diffusées par les médias locaux montrent des secouristes se précipitant vers un train couché sur le flanc tandis que de la fumée s’élève des débris.
Le responsable d’un poste de police local, Thatchapon Chinnawong, a dit qu’au moins 28 personnes avaient été tuées et des dizaines d’autres blessées. « Une grue s’est effondrée sur un train, qui a déraillé et a pris feu », ont indiqué dans un communiqué les autorités de la province.
Plus de 60 blessés ont été pris en charge dans trois hôpitaux différents et huit d’entre eux se trouvent dans un état critique, ont-elles précisé en début d’après-midi.
Opérations de secours interrompues
Le ministre thaïlandais des Transports, Phiphat Ratchakitprakarn, a fait savoir que 195 personnes se trouvaient à bord du train, qui circulait entre la capitale, Bangkok, et la province d’Ubon Ratchathani. Il a pressé les autorités de faire la lumière sur les causes de l’accident.
Les opérations de secours ont été temporairement interrompues en raison d’une « fuite de produits chimiques », a indiqué la police locale, sans en préciser la provenance.
« Nouvelles routes de la soie »
La grue faisait partie d’un chantier colossal, lancé en 2017 avec une décennie de retard, pour la mise en service du premier train à grande vitesse de Thaïlande. Ce projet de 5,4 milliards de dollars doit permettre de relier Bangkok à Kunming, dans le sud de la Chine, via le Laos, d’ici 2028. Il est soutenu par la Chine dans le cadre de sa politique des « nouvelles routes de la soie », destinée à améliorer ses échanges commerciaux dans le monde et à renforcer son influence en Asie du Sud-Est.
Afin d’éviter que ce chemin de fer n’accroisse sa dépendance vis-à-vis de Pékin au détriment de ses bonnes relations avec les États-Unis, la Thaïlande a insisté pour prendre en charge la totalité du coût. La Chine fournit tout de même une assistance technique, mais « il semble que la section concernée soit construite par une entreprise thaïlandaise », a commenté le ministère chinois des Affaires étrangères.
Il s’agirait de l’entreprise thaïlandaise Italian-Thai Development, selon la société China Railway Design, consultante dans le projet. « C’est la seule entreprise en charge. Un accident similaire s’est produit il y a quelques années sous sa responsabilité », a déclaré Theerachote Rujiviphat, un conseiller de China Railway Design.
Des accidents industriels fréquents
Les accidents industriels, sur les chantiers de construction et de transport sont relativement fréquents en Thaïlande en raison d’une application parfois laxiste des règles de sécurité.
« Ce genre d’accidents se produit très régulièrement », a déploré le Premier ministre thaïlandais Anutin Charnvirakul. « Nous devons immédiatement en identifier la cause. Les responsables devront rendre des comptes ».
18 personnes sont mortes en 2020 dans la collision d’un train de marchandises avec un bus transportant des passagers à une cérémonie religieuse. Huit personnes ont également trouvé la mort en 2023 dans la collision entre un train de marchandises et une camionnette qui traversait une voie ferrée dans l’est du pays.
















