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Ce vendredi 6 mars, sur les ondes de Bel RTL, Fabrice Grosfilley a reçu la présidente de l'association Vie Féminine, Aurore Kesch. À l'occasion de la journée de défense des droits des femmes, ce dimanche 8 mars, Aurore Kesch, et d'autres femmes actives pour la défense de leurs droits, exhortent les femmes à faire la grève.
Fabrice Grosfilley : On peut faire grève un dimanche ?
Aurore Kesch : Bien sûr, une grève féministe ne vise pas uniquement le travail rémunéré, ça vise aussi d'autres thématiques. On veut montrer que quand les femmes s'arrêtent, le monde s'arrête.
F.G. : Vous appelez donc les femmes à faire une grève de quoi ? Des tâches qu'on leur assigne tous les jours : s'occuper des enfants, faire le ménage, organiser le foyer ?
A.K. : Voilà. Vous parlez ici de charge mentale, c'est-à-dire que les femmes ont la responsabilité d'organiser tout ce qui se passe autour de leur entourage. Tout ça n'a jamais de fin et prend beaucoup de place. Vous faites aussi allusion au travail domestique : toutes les tâches ménagères. On se rend compte qu'il y a encore énormément de temps que les femmes prennent soit pour les tâches ménagères, soit pour la consommation, pour le soin aux autres.
F.G. : Donc, dimanche, vous appelez les femmes à ne pas faire tout ça ?
A.K. : On appelle les femmes du moins à essayer de ne pas s'occuper de tout ça. Ce sont des rôles qu'on a vraiment fort intégrés, chacune en tant que femmes. Tout ça parce qu'on a été socialisées pour se sacrifier, pour faire don de soi aux êtres qu'on aime.
F.G. : C'est une question d'éducation, ça ?
A.K. : Évidemment !
F.G. : C'est pas un cliché accolé aux générations d'antan ? Maintenant, avec les nouvelles générations, ça ne change pas ?
A.K. : Ça ne change pas. L'institut pour l'égalité femmes-hommes vient encore de montrer récemment que les stéréotypes de genre n'ont pas changé. Les hommes ont augmenté leur temps de travail rémunéré, ce que les femmes n'ont pas, puisqu'elles ont le plus souvent des temps partiels, etc. Les femmes, elles, ont augmenté leur temps de travail ménager. Un travail non rémunéré, invisible, gratuit. C'est du travail qui permet justement aux hommes d'être plus disponibles hors de chez eux pour leur travail rémunéré.
Et puis également, au niveau des loisirs, et c'est en ça que c'est même encore pire : le temps de loisirs augmente pour les hommes, et diminue pour les femmes. Donc on nous fait croire que l'égalité est acquise, mais dans la réalité, ce n'est pas encore le cas.
F.G. : Au niveau de l'écart salarial, l'égalité n'est toujours pas atteinte non plus ?
A.K. : Non, toujours pas : l'écart varie entre 19% et 28%. Par exemple, les femmes ne vont pas négocier leur salaire, comme le font les hommes, car elles ont moins confiance en elles. Les femmes, le plus souvent, sont en temps partiels, et pas toujours parce qu'elles en ont envie. La plupart des femmes sont obligées de prendre des temps partiels, parce qu'il y a tout un tas de tâches qu'on ne peut pas gérer si les deux parents travaillent, par exemple.
J'aimerais que ce type de décision soit prise en concertation avec les deux parents, mais le plus souvent, on va regarder au niveau du salaire le plus élevé. Et c'est très rarement celui des femmes.

















