Accueil Actu Monde International

Attentat manqué à Paris : que faire des détenus radicalisés qui arrivent en fin de peine ?

par RTL info avec Vincent Jamoulle
L’attentat manqué survenu à Paris remet en lumière une question sensible : comment accompagner les détenus radicalisés et que se passera-t-il lorsqu’ils vont quitter la prison ? Entre craintes et doutes sur l’efficacité des programmes de déradicalisation, le débat est vivement relancé.

Après les attentats de Bruxelles il y a dix ans, le contrôle des détenus radicalisés a été renforcé. Dans plusieurs prisons, des ailes entières leur étaient réservées afin qu’ils ne propagent pas leurs idées, mais ces ailes n’existent plus aujourd’hui.

« Le soufflé est retombé et la prison aujourd’hui est confrontée à tellement de difficultés, notamment en termes de surpopulation pénitentiaire, qu’on ne peut pas tout faire, explique Vincent Seron, criminologue à l’ULiège. Je pense que ça explique aussi en partie pourquoi la prise en charge de ces détenus n’est plus considérée comme étant une priorité ».

Plus de déradicalisation mais un désengagement

Les objectifs ont changé : il n’est plus question de déradicaliser, mais de désengager. « C’est-à-dire finalement que l’individu peut conserver ses idées, mais qu’on essaie de mettre en place des éléments qui voudraient éviter qu’il les transforme en actes violents, le plus violent étant bien évidemment l’attentat », détaille Michaël Dantinne, criminologue à l’ULiège.

En s’attaquant par deux fois à des policiers avec un couteau, l’homme abattu vendredi par les gendarmes français savait qu’il risquait de mourir. Les coups portés ne marqueront pas les mémoires en revanche, le symbole du terroriste martyr peut devenir contagieux.

Éviter que d’autres soient gagnés ou soient renforcés par ce type d’idées

« C’est notamment cela aussi, la diffusion de ce type d’idées jusqu’à ce point-là, qu’on veut éviter, par exemple dans les prises en charge carcérales, pour faire en sorte que, la détention et l’incarcération étant des périodes propices de réceptivité à des idéologies radicales, on le sait, et bien d’autres soient gagnés ou d’autres soient renforcés par ce type d’idées », ajoute Michaël Dantinne.

La plupart des pays ont opté pour des peines lourdes à l’encontre des terroristes, davantage d’années de prison, mais une prison qui souvent ne règle rien. Il y a six ans, en 2020, il y avait dans les prisons belges 183 détenus considérés comme radicalisés, ils sont aujourd’hui 138.

Contenus sponsorisés

À la une

Les plus lus