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« Ce serait illégal de nous suspendre pour ça » : Gabriel, technicien pour Proximus, dénonce une pression constante et des quotas « imposés » par l’entreprise

par Nina Postiaux
Gabriel (nom d’emprunt) est technicien pour Proximus. Il dénonce, via notre bouton orange Alertez-nous, une pression constante pour remplir des objectifs de vente pour l’entreprise de télécommunication. Il explique vivre une situation « stressante » et « illégale ». Proximus dément fermement imposer de tels quotas.

Gabriel (nom d’emprunt pour garder l’anonymat) travaille depuis près de 15 ans comme technicien dans une boîte de sous-traitance spécialisée dans la technologie. Il installe principalement des produits numériques chez des clients, tels que des boxs, des décodeurs, etc. Mais depuis plusieurs années, son quotidien serait surtout rythmé par des quotas de ventes, en particulier pour l’opérateur Proximus. « Il faut qu’on réalise un, voire deux ajouts de produit par mois… Si vous avez pris internet, il faut qu’on vous refourgue la tv, le téléphone ou le fixe avec. » explique-t-il.

D’après le technicien, lorsque ces objectifs de ventes ne sont pas atteints, il se voit attribuer des « cartes jaunes », qui, accumulées, pourraient mener à sa suspension. Une méthode de management « illégale », selon le travailleur. « Mon contrat de travail ne stipule absolument aucune vente. De plus, j’ai contacté l’inspection des lois sociales, et ceux-ci me disent que ce serait illégal de nous suspendre pour ces raisons », déplore-t-il.

Malgré ses alertes répétées auprès de sa direction, rien ne bouge. « À ma société, ils me disent que ‘c’est comme ça’, que ça leur est imposé par Proximus et qu’on n’aurait pas le choix. » Une impasse qui pèse de plus en plus lourd sur son moral. « Entre leur manque de logique pour nos plannings, le réapprovisionnement du stock, leurs procédures et amendes, il y a déjà beaucoup à supporter, mais ça devient trop… » désespère Gabriel.

Pour lui, Proximus est sans aucun doute le responsable qui décide de ces objectifs. « Les employés comme moi sont suivis sur leurs journées par Proximus pour leur dire ‘aujourd’hui tu vends ceci, cela…’ En tant que sous-traitant, les volontés de Proximus ne se négocient pas, hélas. »

Réaction de Proximus

Nous avons soumis cette problématique à Proximus, qui se dédouane de toute responsabilité. « Étant donné que c’est un technicien sous-traitant, cela dépend du management, qui n’est pas du ressort de Proximus. C’est le partenaire qui impose un salaire en fonction des objectifs. », affirme François Bayers, le porte-parole de l’entreprise de télécommunications.

Nous avons donc pris contact avec la société pour laquelle Gabriel travaille directement, afin d’y voir plus clair. Malgré nos sollicitations, nous n’avons pas obtenu de réponse à notre demande d’interview. Mais de son côté, François Bayers tient cependant à apporter plus de précisions sur le système de cartes jaunes : « En cas de performances durablement insuffisantes (de la part d’un employé, Ndlr.), Proximus procédera, en concertation avec l’entreprise concernée, à l’attribution d’une carte jaune, après : la mise en place préalable d’un plan d’action, ou un accompagnement et un coaching ciblés. »

Il continue : « Durant la période de validité de la carte jaune, le technicien fera l’objet d’un suivi renforcé par son coach, des formations et/ou un accompagnement supplémentaire pourront être imposés et des objectifs clairs et atteignables seront définis. »

L’opérateur reconnaît cependant un problème sur la pratique. « Dans tous les cas, cela ne peut pas fonctionner de cette façon. Les quotas imposés en tant que technicien, ce n’est pas normal ».

LE SPF emploi peut intervenir

Lorsque les démarches internes ne suffisent pas à résoudre un conflit au travail, il est toujours possible de se tourner vers le SFP Emploi. « Si la situation problématique persiste, le travailleur peut déposer plainte à l’inspection du contrôle du bien-être, à la police ou auprès de l’auditeur du travail. », informe le SPF Emploi.

« Le travailleur peut en outre introduire une action en justice auprès du tribunal du travail ou s’engager dans une médiation réglementée par le code judiciaire. »

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