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Pas de pain, pas de cuisine, pas de chauffage, pas d’école : Mons tourne au ralenti et s’adapte à la panne

par RTL info avec Aurélie Henneton, Roxane Josse, Amélie Bailly et Belga
Dans les 12.000 foyers qui sont touchés par la gigantesque panne de gaz qui touche Mons depuis hier soir, il n’y a pas que des particuliers. Des écoles, des restaurants et des commerces sont également touchés.

Ce matin, Mathieu Renoirte, le gérant d’une boulangerie-pâtisserie, a dû constater qu’il était impossible d’ouvrir normalement. Seules quelques pâtisseries garnissent son comptoir. « On avait vu hier soir sur les réseaux qu’il y avait une panne de gaz. On espérait, en arrivant ce matin à 2h, que ce soit résolu », explique-t-il. Mais en arrivant : « impossible d’allumer le four ». Celui-ci fonctionne uniquement au gaz et toute sa production en dépend. « On travaille en longue fermentation, c’est-à-dire que toutes nos pâtes ont été produites hier pour être cuites ici cette nuit. Donc en arrivant, les chambres de pousse sont remplies et on ne sait pas cuire notre pain. Si le gaz n’est pas rétabli pendant la journée, on devra jeter toutes nos pâtes », déplore-t-il.

Et au niveau économique, c’est une encore plus grosse tuile qui s’annonce, car « apparemment, ce sera jusqu’à dimanche inclus », ajoute-t-il. « On a un gros week-end avec la Saint-Valentin et en plus, la semaine prochaine, on est fermé. Donc on avait beaucoup de commandes de pain pour ce week-end. Donc mauvaise nouvelle et une grosse perte. On a quand même 15 en tout à travailler ici, donc 15 personnes au chômage économique ici pendant les prochains jours. »

Chez les particuliers, on cherche des solutions. Marisa sort son réchaud électrique pour cuisiner et c’est l’insert au bois qui va prendre le relais du chauffage au gaz. « On va essayer de bien rester enfermés, les portes et les fenêtres fermées. On va se débrouiller comme ça et on va essayer de tenir 2-3 jours. On ira promener dehors. Après on comprend », explique-t-elle.

Tout ce qui est cuisson, steak, poisson, ça, on ne saura pas faire
Joseph Di Piazza, restaurateur

Dans sa brasserie, Joseph Di Piazza a trouvé un plan de secours : il a fait le plein de baguettes. Au téléphone avec un client, il explique le problème : « Tout ce qui est cuisson, steak, poisson, ça, on ne saura pas faire. » Une table de six vient d’annuler sa venue, mais pour les autres, « on va s’adapter, on va changer un petit peu », détaille-t-il. « On sera déjà dans le mode printanier : belles antipasti, charcuterie, fromage. On va quand même leur mettre une petite soupe avec un réchaud qu’on a retrouvé. »

Faute de chauffage, toutes les écoles communales sont également fermées, tout comme le centre scolaire Saint-Stanislas, où 1200 élèves ont été prévenus très tôt ce matin. « Ce n’était pas envisageable de garder nos élèves, en sachant que la température allait chuter assez vite dans nos classes et se retrouver probablement à 10 degrés », explique son directeur, Ludovic Lejeune. « Ce n’est pas envisageable pour donner cours, donc on a décidé de fermer l’école. »

Problème : les 12.000 foyers concernés doivent laisser ORES accéder à leur compteur

Les Montois s’adaptent donc dans une ville moins animée que d’habitude. En tout, quelque 12.000 foyers sont concernés, selon le gestionnaire du réseau ORES qui qualifie cette panne d’inédite par son envergure. Tout le centre-ville de Mons, les boulevards compris, Nimy jusqu’au Canal, la Digue de Cuesmes, la Digue des Peupliers, le quartier du Jonquois et l’avenue d’Hyon jusqu’à la Trouille sont concernés.

Il est demandé aux habitants de rester chez eux pour permettre l’accès aux compteurs par les réparateurs d’ORES qui vont fermer tous les compteurs de gaz concernés un par un. Tout compteur inaccessible entraînera du retard dans la remise en service du gaz sur le réseau. La situation pourrait donc se prolonger jusqu’à dimanche, en fonction de l’évolution de la situation technique.

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