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Albert, atteint d'un cancer, obligé de faire jusqu'à 4h de trajet pour se faire soigner car sa demande de dérogation a été refusée: "J'ai été choqué"

Albert est atteint du cancer. Cet habitant de Charleroi a décidé de se faire soigner à l'hôpital Bordet, à Anderlecht, qui est spécialisé dans sa maladie. Particularité de la région bruxelloise que l'on ne retrouve pas chez les Carolos : la LEZ (Low Emission Zone), la zone de basse émission. Un problème pour Albert dont la voiture ne peut pas rentrer dans cette zone, car trop ancienne. "Malheureusement, j’ai une voiture Euro3", confie-t-il.

Conscient qu'il risque une amende de 350 euros s'il se rend dans la zone avec son véhicule, Albert fait une demande de dérogation auprès de Bruxelles Environnement. Malheureusement pour lui, la réponse est négative. "J’ai été choqué de ne pas avoir pu avoir de pass. J’avais envoyé un horaire bien précis de tous mes rendez-vous, ce n’est pas pour aller faire des emplettes", s'offusque-t-il. 

La solution qui est proposée à Albert, c'est d'acheter un pass à 35 euros. Mais que l'on ne peut acheter que 24 fois. Largement insuffisant pour les besoins du patient qui reçoit des soins réguliers, parfois jusqu'à deux fois par semaine. "Les 24 pass, ça fait longtemps que je les ai épuisés". 

Pas une partie de plaisir

Alors, Albert doit se débrouiller autrement. "Je me gare ici au parking Ceria, ce n’est pas très loin de Bordet, mais dans mon cas ce n’est pas très pratique". Le trajet d'Albert ressemble ainsi à un petit parcours du combattant : partir de chez lui jusqu'au parking qui se situe en dehors de la LEZ, prendre le métro jusqu'à l'hôpital Erasme, puis marcher jusqu'à l'hôpital Bordet. "Depuis chez moi, c'est 1h30 - 2h. Puis il faut penser au retour. Faire ces trajets-là, ce n’est pas une partie de plaisir", regrette notre témoin. Car en plus des longs trajets, il ne faut pas oublier les lourds traitements pour lesquels il se déplace. 

"C’est une question de facilité. Je peux comprendre la zone basse émission, mais pourquoi ne pas donner des pass à des personnes dans mon cas ? On n’y va pas pour le plaisir, mais pour se faire soigner. On ne l’a pas demandé."

Pas de dérogation prévue

Nous avons interrogé Bruxelles Environnement à propos du cas d'Albert, mais le son de cloche est le même : "Il n’y a pas de dérogations pour des soins thérapeutiques", rapporte Pascale Hourman, la porte-parole de l'administration régionale. "Ça a été étudié", précise-t-elle, "mais c’est très difficile de fixer des limites : on s’arrête à quels soins ? À quels établissements de soins ? Ça n’a pas pu être fait jusqu’ici."

Si le pass à 35 euros reste une alternative pour toutes les personnes qui doivent se rendre occasionnellement dans la capitale (et dont le véhicule ne correspond plus aux normes), d'autres alternatives existent, souligne Bruxelles Environnement. 

Premièrement, les grands parkings comme celui qu'Albert utilise. Ils sont en dehors de la Zone et les transports en commun y sont directement accessibles. "Ça vaut le coup d’appeler sa commune ou sa mutuelle parce que des transports pour les soins sont parfois organisés, la mutuelle peut intervenir financièrement pour se rendre à l’hôpital. On peut aussi demander à un proche de nous accompagner, le système de pass… Il existe plusieurs alternatives de manière générale", souligne Pascale Hourman. 

Préparer sa venue

"Le conseil que l’on donne à ceux qui doivent se rendre à Bruxelles (et qui ne peuvent pas rentrer dans la zone de basse émission avec leur véhicule, ndlr) c’est de bien préparer leur venue en se rendant sur le site lez.brussels où sont toutes les infos notamment la liste des accès pour arriver dans ces fameux parkings."

À savoir que des dérogations peuvent être accordées dans certains cas spécifiques "par exemple pour les personnes à mobilité réduite (PMR), les véhicules de secours, les engins de chantier ou les old timers", conclut la porte-parole.

Bien zoomer sur la carte

Sur la carte disponible sur le site lez.brussels, vous pouvez voir où s'étend exactement la Zone basse émission, mais vous pouvez aussi voir les exceptions ! Certaines voiries sont praticables par les véhicules qui auraient été verbalisés. 

Ainsi, dans le cas d'Albert, on voit qu'il se gare au parking Ceria (sur la droite de l'image), mais qu'il y a un autre parking juste devant l'hôpital Erasme, ce qui lui permettrait d'éviter l'étape du métro dans son périple. Seulement, ce parking renseigné comme étant accessible, semble être un cas particulier. Après nous être rendus sur place pour vérifier, nous avons constaté l'inscription suivante : Parking staff Erasme. 

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Personne n'a pu être en mesure de nous dire si ce parking est effectivement réservé au personnel de l'hôpital Erasme ou s'il est également ouvert aux autres automobilistes. 

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Des solutions existent donc pour Albert et les autres usagers, mais il faut s'armer d'un peu de patience et bien les chercher.

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Commentaires

11 commentaires

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  • Ces paquebot transportent aussi 100.000.000.000 fois plus de fret qu'une voiture... Faut comparer ce qui est comparable. Et le lieu d'émission est important aussi. Une pollution en pleine ville à un impact sanitaire bien plus élevé que la même pollution au milieu de l'atlantique.

    Thierry Frayer
  • La Citroen d un malade pollue trop,mais le nouveau paquebot qui pollue autant que 10.000.000 de voitures,ca,c est bon.Quel monde de fous.

    debacker Ulysse
     Répondre
  • surtout ne pas voter ecolo,groen et ps

  • Et pendant ce temps, des voitures poubelles déclassées chez nous et revendues dans certains pays de l’est reviennent polluer gratuitement la LEZ et occuper nos places de stationnement. Cherchez l’erreur.

    claude danze
     Répondre
  • Tout à fait d'accord avec vous à 100%...

    Eddy PONDANT
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