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Le parti CDH change de nom et s'appelle désormais "Les Engagés"

Le centre démocrate humaniste, parti centriste présidé par Maxime Prévot, a bouclé sa mue samedi, en adoptant un nouveau nom, "Les Engagés", une nouvelle couleur, le turquoise, et un projet centré sur le concept de "régénération".

Rassemblés en congrès à Tour & Taxis (Bruxelles), les militants ont voté en début de soirée pour approuver ce nouvel habillage, occasion d'une "refonte" du parti qui se veut "mouvement participatif et citoyen" et entend, selon son discours, briser les codes de la politique et rompre avec la particratie. Le projet de nouveau manifeste, transmis le même jour, sera quant à lui ouvert à débat et amendements parmi la base, pour adoption à un congrès programmatique le 14 mai prochain. 

Il s'agit du résultat des deux années d'exercice participatif "Il fera beau demain", que le parti avait lancé en janvier 2020 après la déroute des élections de 2019.

La société manque clairement d'une boussole

Le nouveau mouvement sera "résolument centriste et progressiste", a affirmé Maxime Prévot dans son discours. "La société manque clairement d'une boussole", constate-t-il, promettant une "alternative citoyenne aux simplismes, aux extrémismes, aux populismes qui gangrènent notre démocratie". 

"Souveraineté", "bien-être", "réhabilitation" de la classe moyenne, "réindustrialisation": le projet de programme tel que présenté par Maxime Prévot bouscule au passage certains acquis, avec par exemple la disponibilité d'un revenu de 600 euros "pour tous", mais en contrepartie d'une "participation au bien commun", ou encore la refonte de l'enseignement pour avoir "un seul réseau harmonisé et autonome".

La signification du logo

Six "régénérations" fondent le manifeste proposé aux adhérents, selon les mots du parti. Elles se retrouvent dans le logo, qui montre six "socles" blancs formant deux "E" ou un étendard, dans un cercle turquoise. Sous-titre du nom du mouvement: "Pour une société régénérée". 

Santé

Dans un long discours, le président Maxime Prévot en a évoqué quelques grandes lignes, lui qui a annoncé qu'il remettrait sa présidence en jeu d'ici l'été. 

Sous le chapitre "régénération du vivant", Les Engagés entend rebooster la santé, avec la suppression des limites d'accès aux études de médecine et à la profession (quotas de numéros Inami), et une attractivité renforcée des professions de soins (meilleures conditions de travail, reconnaissance de la pénibilité). Il y a une "dramatique déshumanisation des soins" en Belgique, constate le Namurois.  Le mouvement propose une pension minimum à 1.500 euros même sans carrière complète. Dans un autre domaine, il suggère d'inclure au programme scolaire les questions de genre et de sexisme. 

Énergie

Sur le plan de l'énergie et à court terme, le président de parti met en avant une baisse de la TVA et une "réduction drastique des accises". 

Éducation

En termes d'éducation, le projet ouvre la porte à une réorganisation de la journée scolaire, "pour peut-être la mettre davantage en phase avec l'horloge biologique des enfants". Il faut surtout "mettre fin à la guerre scolaire et à la concurrence terrible entre les écoles", avance Maxime Prévot, qui pousse l'idée d'un seul réseau "harmonisé et autonome", avec financement égal (pas de distinction enseignement libre ou officiel), la gestion des écoles officielles étant alors "déléguée à des asbl". Ce réseau égalitaire faciliterait parallèlement la mobilité des professeurs. 

"Prospérité"

Sous un autre chapitre, consacré à la "prospérité", la classe moyenne trouve un rôle central. On parle ici de taxer les revenus du capital comme ceux du travail (l'impôt sur ce dernier devrait alors baisser), mais aussi de supprimer les droits de succession. Le mouvement avance une réindustrialisation de l'économie belge et européenne, et d'aller chercher des fonds dans une lutte accrue contre le crime financier. 

Démocratie

En matière de démocratie, on retrouve sans surprise la piste d'une refédéralisation de compétences (Maxime Prévot cite la santé et le climat). 

Emploi

Un pacte social "régénéré" offrirait finalement une sorte de "droit à l'emploi", mais des allocations de chômage limitées dans le temps (deux ans). "Nous passerons d'une société de consommation à une société de participation. C'est à la fois un droit et une responsabilité", note Maxime Prévot. "Nos sociétés occidentales n'ont jamais été aussi gâtées, nos industries aussi productives. Et pourtant, nous sommes loin du compte en termes de bonheur, de qualité de vie et d'épanouissement". 

L'organisation interne revue

Selon le parti, "plus de 1.300 personnes" étaient présentes au congrès, avec une bonne part de non-adhérents ("un quart de la salle", selon Maxime Prévot). Dans la même logique qu'"Il fera beau demain", l'organisation interne du mouvement devrait aussi être revue pour davantage de participation et de "dialogue avec les citoyens". 

Selon Laurent de Briey, philosophe et "pilote" de "Il fera beau demain", une convention annuelle centrée sur une poignée de thèmes devrait permettre une réactualisation constante du projet politique. "Nous voulons que notre mouvement ait une mission d'action citoyenne", souligne-t-il aussi. Concrètement, le territoire francophone serait divisé en "bassins de vie" porteurs de projets concrets et locaux, d'une école de devoir à de l'entraide intergénérationnelle, par exemple.

Le président du mouvement se verra flanqué de deux vice-présidents, précise-t-il: l'un en charge de l'animation et de la réflexion politique, l'autre de la coordination des actions citoyennes.

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