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Le fils de Martine abonné À SON INSU "à des sites de sexe ou de jeux" payants: voici nos conseils pour éviter ces mauvaises surprises

Le fils de Martine abonné À SON INSU
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Il est toujours désagréable de constater des paiements, via sa facture Proximus, pour des services appelés 'WathsAppSex' et 'GameStore'. Surtout quand on ne sait même pas de quoi il s'agit. De nouveaux cas d'abonnement ou de paiement indésirables sont parvenus à la rédaction de RTL info en ce début d'année. Explications.

Via Dorian ou Soumaya, nous avons déjà évoqué le cas de Wallons abonnés à leur insu à un service payant d'accès 'illimité' à des applications et des jeux vidéo.

Comme on l'a déjà écrit par ailleurs, il faut fuir comme la peste ce genre de formule: téléchargez vos applications et vos jeux vidéo sur le Google Play Store (Android) ou l'App Store (iPhone/iPad).

Et nos conseils semblent porter leurs fruits: les rares cas encore signalés à la rédaction de RTL info concernent des abonnements indésirables. Les éditeurs qui développent ces plateformes utilisent donc visiblement des moyens extrêmes pour gagner de l'argent, en abonnant ou facturant les gens à leur insu ou de manière malhonnête.

C'est le cas du fils et de la belle-fille de Martine, qui habite Couillet (Charleroi) et qui nous a contactés via notre bouton orange Alertez-nous. Ils ont été abonnés, à leur insu, à des services appelés WhatsAppSex (7,5€ par semaine) et GameStore (3,99€ par semaine).

Et on a constaté des problématiques similaires récemment sur le forum des clients Proximus au sud comme au nord du pays.

Honnêtement, si j'ai envie de voir du cul ou de jouer à des jeux, j'ai ça sur le net, gratuitement

Des sites de sexe et de jeu

"Alerte escroquerie sur les GSM (Proximus). En vérifiant nos consommations, nous avons constaté que l'on nous facturait des abonnements hebdomadaires pour des sites de sexe ou de jeux à notre insu", explique-t-elle.

Tout a commencé quand la belle-fille de Martine s'est rendu compte d'un "service payant" dans sa facture, or "elle ne prend aucun service payant". Elle a alors vérifié "la consommation des deux GSM en live", la sienne et celle de son compagnon. Et elle a constaté "des retraits, un par semaine, chez elle, et chez mon fils, deux retraits dans les services tiers à 7,5€ pour des vidéos amateurs, et une fois un abonnement GameStore à 4€".

Ces paiements et ces abonnements seraient, dans les deux cas, des erreurs. "Le premier paiement aurait eu lieu le 1er janvier à 14h30, d'après mon fils, or on était en plein repas de famille, donc ce n'est pas plausible".

De plus, le fils de Martine lui a dit: "Honnêtement, si j'ai envie de voir du cul ou de jouer à des jeux, j'ai ça sur le net, gratuitement".

facture
La facture de la belle-fille de Martine

Proximus fait pourtant des efforts

Le cas de Martine est lié à Proximus, mais les autres opérateurs sont tout autant concernés. En réalité, ils sont assis entre deux chaises. D'un côté, il y a l'appât du gain rétrocédé par le fournisseur du service tiers (donc c'est de l'argent très facilement gagné). Mais de l'autre côté, il y a le mécontentement du client qui ne fera jamais la part des choses entre l'opérateur qui ne sert pourtant que d'intermédiaire, et l'application ou le service payant qu'il considère comme une arnaque. "Proximus ne bouge pas, ne prévoit rien", estime Martine.

Ce n'est pas tout-à-fait vrai. En réalité, "depuis quelques mois, la plateforme de facturation M-pay est entièrement gérée par Proximus: chaque achat, chaque paiement passe par cette plateforme, ce qui veut dire que nous avons le contrôle total", nous a expliqué une responsable de la plateforme de paiement. 

L'opérateur historique a donc remanié les procédures pour éviter les problèmes: "tous les nouveaux partenaires doivent utiliser cette plateforme, et sont vérifiés par notre partenaire de contrôle Empello ; ils doivent respecter des règles strictes quant à leur manière de travailler".

Le contenu en tant que tel, Proximus ne le censure pas. "Whatsappsex est devenu dernièrement un fournisseur de contenu de notre partenaire Telefuture. Le service est apparu le mois dernier, mais en décembre, on n'a vu aucune activité", poursuit-il. 

Notre contact chez Proximus admet cependant que "les partenaires existants sont transférés un par un, et on a un peu de retard". Très honnête, elle précise qu'il "se pourrait que Telefuture n'ait pas encore été transféré vers la plateforme, et que ça expliquerait pourquoi on ne peut pas surveiller l'activité du service Whatsappsex".  

Comment ont-ils été abonnés à leur insu ?

Partons du principe que 'Whatsappsex' ne soit pas (encore) correctement surveillé par Proximus. Cela n'explique pas comment le fils et la belle-fille de Martine ont été abonnés à leur insu à ce service prétendant offrir "un accès illimité à des vidéos amateurs". 

Ils sont âgés de 40 et 35 ans, et n'ont pas d'enfant qui aurait pu utiliser leur smartphone. "C'est venu de nulle part, leur GSM est toujours dans leur poche, et ils évitent un maximum les sites louches, ils sont très, très prudents", explique Martine, la (belle) maman. 

Comme on l'a dit au début de l'article, les services payants dont on parle ont tellement peu d'intérêt que tout le monde finit par les fuir. On suppose donc que les petites entreprises qui se cachent derrière ces services trouvent d'autres moyens pour attraper des clients et les facturer à leur insu via leur opérateur.

En théorie, même avant que Proximus ne prenne le contrôle total de la plateforme, l'utilisateur est protégé et doit confirmer le paiement ou l'abonnement à l'aide de SMS ou d'une fenêtre de l'App Store demandant l'autorisation du paiement via l'opérateur. L'hypothèse la plus probable, selon nous, est que leur numéro de téléphone s'est retrouvé dans une base de données client qui aurait été piratée. Ou achetée par les entreprises néerlandaises précitées, celles-ci abusant ensuite de leur droit de facturer via l'opérateur (le business de Globway, visiblement). 

L'autre hypothèse est que l'utilisateur télécharge une application malveillante en surfant sur le web avec son smartphone, et que cette application envoie ses coordonnées à des clients peu scrupuleux comme ceux qu'on vient de citer.

Un "fournisseur" bien louche

Quoi qu'il en soit, Whatsappsex, même s'il est toléré par Proximus par l'intermédiaire d'un partenaire, a tout de l'attrape-nigaud. 

Pour s'en rendre compte, nous avons retracé l'origine de ces services, via la page de support de Proximus appelée "Comment contacter les fournisseurs de services tiers?". En entrant 'whatsappsex' (qu'on retrouve sur la facture du fils de Martine), on constate, comme nous l'a confié Proximus, que le fournisseur est Telefuture Nederland, et l'email de support 'customercare.be@globway.eu'.

Telefuture et Globway sont deux entreprises hollandaises. La première promeut un étrange business pour "faire de l'argent", comme l'indique son slogan. Elle propose "de la publicité", "du contenu adultes et grand public pour des services de téléphonie, des sites web et des offres mobiles".

On apprend également que Globway est "une société sœur" de Telefuture, qui s'occupe de la facturation via opérateur. Sur la page de support de Proximus, on constate que ces deux entreprises jouent chacune à leur tour le rôle de fournisseur et de support :


Bref, du monkey business qui ne peut fonctionner qu'avec quelques entourloupes pour facturer les gens à leur insu.

Nous avons appelé les numéros de téléphone indiqués, des numéros belges. Pas d'indication d'entreprise, uniquement un répondeur automatique permettant de laisser un message pour la plainte. Aucune réponse après deux semaines d'attente, et notre email envoyé est resté sans réponse.

Nos conseils pour des paiements en ligne plus sûrs

On est en 2018, et il faudrait sans doute que les opérateurs revoient leur copie au niveau des paiements en ligne, en arrêtant de collaborer avec des entreprises proposant, sous forme d'abonnement à plusieurs euros par semaine, de la messagerie érotique, des vidéos pornographiques ou des jeux vidéo. Tous ces contenus sont soit accessibles gratuitement en ligne, soit téléchargeables via les magasins d'applications d'Android ou d'iOS.

En attendant, suivez notre conseil pour être certains d'éviter les mauvaises surprises: désactivez les M-Pay (pour Mobile payment, la possibilité d'être facturé via sa facture Proximus) ou l'équivalent chez Orange et Base. Ça peut normalement se faire dans les options de votre abonnement, directement à partir de l'application de l'opérateur. C'est d'ailleurs ce qu'a fini par faire le service clientèle quand Martine l'a contacté en se plaignant.

Pour les paiements via mobile, privilégiez d'autres moyens plus sérieux, notamment PayPal. Vous gardez en permanence un œil sur vos transactions, devez approuver le paiement en entrant vos identifiants PayPal, et pouvez annuler un paiement avant qu'il ne soit effectif.

Si vous êtes victime d'abonnement indésirable, il existe une page de support Proximus, évoquant la manière de contester un paiement mobile. En gros, elle dit qu'il faut contacter le fournisseur pour mettre fin au service, et qui si ça ne va pas, il faut contacter le service clientèle de Proximus au numéro général.

Mais se faire rembourser par Proximus après avoir payé, "ça me parait très compliqué", conclut Martine, qui est en pleine négociation et constate qu'il est bien difficile de se désabonner. "Comment des gens peu scrupuleux peuvent-ils encore s’introduire dans la facturation Proximus et continuer à débiter des abonnements fictifs à des films, jeux, etc?"

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